Ce pourra être un cas d'école quand les historiens de l'avenir reviendront sur le quinquennat du NanoPrésident ; On part d'un fait divers malsain, on en fait « le » fait divers de l'année, on propose une loi spécifique et on impose deux rapports, l'un de l'Inspection générale de la police nationale, l'autre de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale. Et pas une seule fois on se demande si on a pas pu, en fait, se planter en communiquant si vite et avec si peu d'informations.
Les faits ; malheureusement simples mais Nicolas Sarkosy s'est bien garder de ne communiquer que dans une compassion qui s'imposait avant d'avoir eu connaissance de la réalité du dossier. Et il dérapa le 18 janvier à Pornic (Loire-Atlantique).
« Il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements graves. […] Ces dysfonctionnements, j'ai demandé aux deux ministres, Michel Mercier et Brice Hortefeux, de les sanctionner. […] Il y a eu un certain nombre de dysfonctionnements, côté justice et côté police. »
il dérapa un point tel que même certains membres de sa majorité s'en sont offusqués et ne le suivirent pas. Ainsi, demandant une nouvelle loi sur la récidive ; il ne l'aura pas. Ainsi, souhaitant des sanctions contre magistrats et policiers, il n'y en aura aucune ; les deux rapports montrent clairement que la police et la magistrature n'ont commis aucun « dysfonctionnements graves ».
Révélés par Le Monde, ils indiquent qu'il n'y a pas eu de « manquement particulier » ni de « carence conséquente » dans le travail des policiers et des gendarmes concernant Tony Meilhon, multirécidiviste et principal suspect du meurtre de Laëtitia.
Le ministre de l'Intérieur en personne, Brice Hortefeux, a affirmé sur LCI que lesdits rapports n'avaient pas révélé « de faute personnelle » parmi les forces de l'ordre, mais uniquement un « défaut de transmission d'information » entre les services.
Enfin, et c'est un fait plutôt positif dans une démocratie ; malgré l'invitation du NanoPrésident lancée aux parlementaires et aux ministres à « prendre des initiatives très vite » afin d'améliorer le suivi des délinquants sexuels récidivistes, le président du groupe à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, s'est dit opposé à toute « loi d'opportunité ». En minorité, Nicolas Sarkozy a été contraint de reculer, demandant finalement d'éviter « un nouveau dispositif législatif ».
En effet, cette affaire pourra être un cas d'école pour tout haut responsable et donner quelques pistes à celles et ceux qui brigueraient de grandes responsabilités : on ne juge pas à la va vite, on réfléchit avant de déraper, on évite de lancer des accusations sans preuves et on fait pas chier une fonction publique qu'on a contribuer à massacrer depuis le début de sa prise de fonction. Sinon, tout cela nous revient dans la tronche.
Dernier acte de cette opération « d'auto destruction » annoncée : Jean-Amédée Lathoud, le directeur de l'administration pénitentiaire, seule fautive dans cette affaire, a été nommé par décret du président de la République, le 7 janvier 2010 (plus d'un mois avant la sortie de prison de Tony Meilhon, le 24 février 2010). Belle promotion pour celui qui avait été… procureur généralà Douai (Nord) lors de la désastreuse affaire d'Outreau !