Il y a un an, les zincs des troquets croulaient sous les discussions d’une identité nationale qui, à défaut de donner du travail aux chômeurs de plus en plus nombreux, avait le mérite pour les UMPistes de chasser dans la réserve élective des mouvements de la droite extrême. Il est clair qu’aujourd’hui, ces paroles de comptoir sont oubliés et l’insécurité - une fois encore - remontre le bout de son nez à l’approche des candidatures aux présidentielles. C’est à se demander si nos politiques sortent un peu de leurs véhicules de fonction.
Parce que, si Le Canard était aux affaires et s’il avait promis - lors de sa première élection - des trucs du genre “plus un sdf dans la rue en deux ans” ; “travailler plus pour gagner plus” ; “le bouclier fiscal permettra de stopper l’évasion fiscale” ; ben les premiers trucs auxquels il pensera en voyant que tout ça ne fonctionne pas, c’est de lancer une campagne TF1niséé sur l’insécurité et sur l’identité nationale à défaut de régler les problèmes les plus urgents, soit : travail, cohésion sociale, protection des plus faibles, pouvoir d’achat des classes moyennes, éducation.
Mais ça, faut pas rêver.
Faut pas rêver parce qu’alors, on verrait une droite faire une politique de gôche - politique qui avait d’ailleurs fait la réussite du gouvernement Jospin par ses résultats spectaculaires en matière d’emplois et de sécurité. -. Alors, autant Sarkozy veut bien encanailler des chevaux de Goche sur le retour dans son - ex- gouvernement, mais leur permettre de faire une politique de gôche ; sûrement pas.
Rendez vous compte, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs, que les plus âgés d’entre nous commencent à voir les anciens RPR - Pasqua, Seguin, Villepin, Chirac,... - comme des sociaux démocrates, nous qui les traitions de réacs à une époque ! C’est pour dire que la vision d’aujourd’hui de nos politiques de droite s’est légèrement excentrée vers son extrême. Comment imaginer un Seguin bossant de concert avec un Hortefeux ? Comment imaginer Simone Veil travaillant avec la Morano.
D’ailleurs, à ce sujet, notre Morano, lors du débat de comptoir sur l’identité nationale, avait pondu un «On ne fait pas le procès d’un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c’est qu’il se sente Français lorsqu’il est Français. Ce que je veux, c’est qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, c’est qu’il trouve un travail, et qu’il ne parle pas le verlan. C’est qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers». Au delà du fait que cette phrase, dans le cadre d’un débat qui semblait primordial pour nos guignols de droite, est d’une inutilité incroyable et d’une bêtise crasse, il est à noter que , le coup de la casquette à l’envers qui, rappelons le, nous vient des THP des forces armées qui, afin de viser, retourne leurs casquettes, est entrée dans le look des jeunes - et des moins jeunes - de la même façons que, certaines et certains d’entre nous, se baladaient à l’époque de leurs années de lycées et de facs, avec des vestes de treillis et un sac militaire en bandoulière.
Tiens, une info de plus ; la Morano ne risque pas de venir à Mont de Marsan, où la majorité UMPisto-Modem a décidé devant l’école primaire du Pouy, de mettre deux silhouettes d’enfant afin de prévenir les automobilistes de la proximité d’une école. Ben Le Canard vous le donne en mille ; l’une des silhouettes porte sa casquette... à l’envers.
Comme quoi, même pour nos guignols locaux ; y’a des symboles dont on se fout royalement et qui ne font de mal à personne.
Alors, les fêtes arrivent. c’est un peu comme les grandes vacances d’été ; sommeil politique profond de toutes et de tous. On va allez acheter les cadeaux de nos nains, faire la queue pour trouver le nouveau jeux sur console “Méga mutilation III”, tenter de trouver un Ipad pas trop cher pour que Mamie Monique puisse gérer son blog de scapbooking quand elle prend le bus de la RDTL, commander le plateau de fruits de mer en discutant de “ces pauvres Haïtiens qui se sont chopés une maladie-dont-on-se-souvient-pas-du-nom mais qui les arrange pas” et pleurer sur la misère du monde en pensant à un mec qui a envoyé son fils sur terre pour racheter nos pêchés.
Ben y’a trois solutions : soit le barbu avait fumé un truc divin qui lui a ramassé la tête avant de nous créer ; soit il a un sens de l’humour qui nous est totalement incompréhensible tellement il est puissant, son humour ; soit y’a pas de barbu du tout et on s’démmerde.
Ben... On s’démmerde.
P’tain... ça barre dans tous les sens le billet d’humeur du Canard. On lui avait dit, pourtant, de pas tester son nouveau Cocktail pour les fêtes alors qu’il venait déjà de se taper deux Pina Colada. En plus, quand il est bourré ; il pense à Morano... Tu parles d’un trip toi...
Bon... On va aller vomir...