Israël n’a pas attendu que les bateaux soient dans leurs eaux territoriales pour lancer l’assaut. A leur bord, 700 à 800 personnes et 10 000 tonnes d’aide. Plusieurs organisations pro-palestiniennes sont à l’origine de cette opération qui vise à briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
D’après le porte parole de l’armée, les commandos de marine Israëliens auraient été attaqué par des militants pro palestiniens armés - sic - de couteaux et d’armes de poing.
Les habitants de Gaza, eux, attendaient avec impatience les navires. Les Gazaouis subissent depuis trois ans de graves privations liées au blocus imposé par l’Etat hébreu depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas.
Après l’offensive militaire israélienne déclenchée le 27 décembre 2008, la population de Gaza, sous perfusion humanitaire, demeure particulièrement vulnérable. Malgré les déclarations unilatérales de cessez-le-feu de la part d’Israël et du Hamas, la sécurité reste précaire, tandis que les habitants continuent de souffrir quotidiennement des conséquences du conflit.
Les dégâts humains et matériels
Environ 1500 Palestiniens ont trouvé la mort au cours de l’offensive et 5000 ont été blessés, en majorité des civils. Des dizaines de milliers de personnes se trouvent actuellement sans abri, privés de leurs foyers détruits par les combats. 50 000 personnes sont toujours sans eau courante, 150 000 sans électricité.
Une réponse de la France peu audible
Alors que le ministre des affaires étrangères et le NanoPrésident se sont dit “choqués” par cette intervention “démesurées” contre des humanitaires et des ONG, L’UMP, par la voix d’un de ses porte paroles, Frédérique Lefebvre, a “regretté” la mort de militants pro Palestiniens tout en évoquant des “provocations” de la part de “ceux qui se disent des amis des Palestiniens”.
Il est encore une fois très confortable de se la jouer “offusqué” dans son bureau parisien alors que des dizaines de milliers de personnes vivent dans une pauvreté indigne.
Il est toujours très bien vu de son électorat de beaufs tf1nisés par des informations de plusieurs minutes sur les fabricants de poires séchées dans nos terroirs et un passage très rapide sur l’information internationale, où la politique de la France depuis l’élection du NanoPrésident est pire qu’elle ne le fut durant ces vingt cinq dernières années. Notre aura d’allié éclairé dans le monde arabe - qui nous a permit de contribuer à régler bon nombres de situations complexes - éclate comme un fruit trop mur. Nous ne sommes plus crédible, et cette cacophonie de nos majoritaires nationaux contribue à renforcer l’image d’un pays qui veut plaire aux puissant - usa, Israël et leurs alliés - au détriment des plus faibles.
Le Canard connaît le Liban et la Palestine depuis 1982, où il s’est battu lors de sauvetages souhaités par le gouvernement Français.
Le premier et le plus spectaculaire de ces sauvetages se déroule en août 1982 à Beyrouth, Mitterrand refusant de laisser détruire la capitale libanaise et s’appuyant sur le souhait américain de ménager les régimes arabes pro-occidentaux (surtout après la mort du souverain saoudien Khalid et sa succession par Fahd). La détermination du chef de l’État est totale, malgré l’attentat de la rue des Rosiers, et en dépit de la volonté de Sharon d’éliminer Arafat. Mais cette opération techniquement parfaite est vite ternie par les massacres de Sabra et Chatila.
Le deuxième et le plus dangereux de ces sauvetages intervient en décembre 1983 à Tripoli (Nord-Liban), la France se heurtant aussi bien à la « Sainte Alliance » radicale (Syrie, Libye, Iran) qu’à l’hostilité israélienne. Pourtant la France, seule sur le terrain, quoique sous drapeau de l’ONU, est moins frappée sur ce théâtre très exposé qu’à Beyrouth au sein de la force multinationale. Elle réussit même un complexe échange de prisonniers entre Israël et le Fath « arafatiste ».
Le Canard se trouvait sur ces deux événements. Et a pu apprécier que, lorsque l’état d’Israël se trouvait dans une phase de danger quant à sa logique de guerre, ses dirigeants n’hésitaient pas à mentir ouvertement. Par contre, quand les occidentaux allaient jusqu’au bout et envoyaient sur place des troupes afin de garantir les décision de l’ONU ; Israël se retirait. Qu’avons donc nous attendu pour constituer, cette fois ci, une force d’interposition ? Barres de fer contre Uzi ? Israël n’en est plus à son premier mensonge.
La république Française, qui avait été tellement en avance sur ses alliés il y a trente ans, s’est ridiculisée en ne faisant que réagir une fois l’événement passé.
Il y a vingt ans, l’invitation d’Arafat à l’Élysée en 1989 après la reconnaissance de l’État d’Israël par l’OLP. François Mitterrand est alors scandalisé par la violence de la répression israélienne de « l’Intifada » des territoires occupés.
En invitant le chef de l’OLP en visite officielle à Paris, il récompense le courage politique de Yasser Arafat, sans rien amender des exigences françaises à son égard. C’est ainsi qu’Arafat prononce à Paris la « caducité » de la charte de l’OLP. Quant à Mitterrand, il reprend à cette occasion les termes mêmes de son discours de la Knesset.
Deux images symbolisent le rayonnement de cet engagement lors de la disparition de François Mitterrand. Le recueillement de Yasser Arafat sur sa dépouille, au matin du 8 janvier 1996, avec récitation de la première sourate du Coran. Et la présence de Shimon Peres, Premier ministre d’Israël, non loin du chef de l’OLP, lors de l’hommage national rendu à Notre-Dame trois jours plus tard.
Cette politique, claire, franche, honnête et en phase avec les vrais valeurs de la république, on peut la retrouver lors du discours de Villepin sur la non intervention de la France lors de la seconde guerre en Irak. On ne la retrouve ni dans le peu d’intérêt de notre NanoPrésident quant à la stabilité du moyen orient, et encore moins dans la cacophonie des réactions entre le gouvernement et l’UMP.