L'info est incroyable ; les CRS ont gagnés. Pas en faisant une grève de quatre mois, impossible vu leur statut ; pas en se lançant dans une grève du zèle qui aurait été rapidement contournée ; non : en se mettant en grève de la faim et en produisant des arrêts maladie de complaisance. Tout cela au bout – seulement – de quatre réunions avec le ministère.
Ainsi, les deux compagnies de CRS menacées de fermeture ont eu gain de cause ; la première à Marseille, l'autre dans le Rhône, verront leurs casernes rester en l'état.
Mettons de côté le fait que dans la plupart des entreprises, se mettre en arrêt maladie sous un faux prétexte – trois agents sur quatre étaient en arrêt dans le Rhône la semaine passée – génèreraient contrôle de la CPAM et de l'entreprise, puis lourdes sanctions, voir licenciement. Mettons de côté le fait que les UMPistes nous bassinent depuis la campagne présidentielle sur le trou de la sécu, due, entre autres choses, à ce genres de manipulations et gardons l'information principale de ce mouvement : ça a fonctionné...
Notre ministre de l'intérieur a entendu les « faux » grévistes et a baissé son pantalon de costard.
France : pays où les CRS font rêver les travailleurs. Parce qu'avec plus d'un mois de manifs, des millions de travailleurs dans les rues, six mois de fausses réunions statiques, des prises de paroles dans les médias ; ben, rien ne bouge ; tout comme la pauvreté, les manifestations doivent être plus belles à regarder sous les soleils d'Égypte et de Tunisie.
Par contre, cela nous montre que notre NanoPrésident et son troupeau ont un besoin urgent de se mettre les CRS dans la fouille que les manifestants contre la pseudo réforme des retraites. En prévision d'autres mouvements intérieurs ? Pour les envoyer à Moubarak dans le cadre de l'exportation de notre « savoir faire » ? A voir.
Ce qui est certains, c'est que ça ne risque pas de s'arrêter là. L'Unsa-police (3ème syndicat de la profession), évoque de son côté une trentaine de suppressions de compagnies sur le long terme. Le secrétaire général d'Unité police SGP (premier syndicat de gardiens de la paix), Nicolas Comte, a demandé au ministre «de ne fermer aucune compagnie». Ces annonces, a-t-il dit, «ont largement affecté les personnels déjà soumis depuis plusieurs mois à une pression hiérarchique due notamment à la course aux résultats et à un manque de concertation». Didier Mangione, responsable des CRS à Unité police SGP-FO, qui dénonce des «pressions hiérarchiques» sur le mouvement, a évoqué dimanche un «risque de paralysie» des services.
Se voyant dans une merde noire, le gouvernement – basant sa prochaine campagne présidentielle sur la sécurité – n'a pu trouver mieux que de dire amen. Ah, comme il était plus simple de fermer les hôpitaux, les tribunaux, de créer le mammouth inutile du pôle emploi ; comme il est plus simple d'envoyer chier les manifestants anti réforme des retraites ;
T'ain de Gnou ; après des restructurations en veux tu en voilà de nos services publics, voilà t'y pas que même la police va y passer ; après un raz le bol généralisé lié à la politique du chiffre, qui ne règle rien d'ailleurs ; les restructurations redémarrent sur les chapeaux de roues. Mais, comme elles touchent à présent les forces de l'ordre ; ben ça facilite l'écoute et la compréhension de nos UMPistes.
C'est beau quand un gouvernement de droite écoute, si rapidement, les revendications des grévistes.