Déjà ; le choix d’envoyer Alain Juppé est étrange. Chiraquien de la première heure, ayant pris sur lui les affaires de son mentor ; le NanoPrésident n’a eu de cesse de le moquer jusqu’à son arrivée - tardive - au gouvernement. Aujourd’hui ; c’est lui que Sarkozy décide d’envoyer au charbon, face au candidat de la gauche de gouvernement. Ensuite, pour un ministre des Affaires étrangères, il n’a pas développé son domaine de compétence ; étrange encore, alors que c’est le point “faible” de François Hollande. Le Canard, dans son Kiosque, n’est pas certain de chez certain que le NanoPrésident soit, après le débat, encore sûr qu’il a fait le bon choix.
Ce n’est même plus étrange ; c’est irréel ; Juppé se la joue candidat d’opposition durant une petite partie du débat, alors que lui et ses compagnons UMPistes dirigent le pays depuis plus de dix ans, il nous la fait “Votre compte n’est pas bon” en moquant la "clarté" que Hollande revendique en "obscure clarté qui tombe des étoiles". S'ensuit une volée de chiffres et d'arguments entre les deux hommes, dans un cafouillis guère audible. Juppé ne relève plus rien, ne se bat sur aucun des points. Il pâlit, puis s’enferme dans des commentaires qui marquent contre son camp "on verra ce que vous ferez" : Juppé n’y croit même plus.
Juppé n'a jamais été convaincu par le sarkozysme. Homme d'Etat et serviteur de la France, il est certes là où il est par goût du pouvoir mais aussi pour permettre au pays «de tenir son rang» (à travers lui, bien sûr...) sur la scène internationale. En août 2010, pressé par Sarkozy d'entrer au gouvernement mais ne croyant déjà guère dans les chances de ce dernier d'être réélu, l'ancien Premier ministre de Chirac lui avait lancé: «Ai-je intérêt à monter sur le Titanic ?». On le sent en dehors du truc ; par exemple sur la démonstration de François Hollande sur le flou du retour à l'équilibre promis par la majorité pour 2016. Il a cloué le bec d'Alain Juppé, qui n'a rien eu à dire sur les 40 milliards de hausse des prélèvements obligatoires promis par Nicolas Sarkozy à Bruxelles.
Le projet de l’UMP a été présenté aux adhérents et approuvé par plus de 96% des militants aujourd’hui. Sauf que... Seulement 33% d’adhérents ont participé au scrutin. Ce même parti, qui se foutait de la tronche des primaires Socialistes et Citoyennes feraient mieux de reconquérir leur troupe au lieu de se préoccuper des nôtres.
Alors ; concluons : un anti sarkozyste a été envoyé par le NanoPrésident pour tenter de se faire François Hollande ; le "meilleur d’entre nous" a fait un bide contre le candidat de gauche ; seulement 33 % des inscrits ont voté le projet UMPistes ; la semaine se termine bien, non ?