Le Canard n’était pas favorable à ce type d’intervention en Libye. Il l’avait expliqué à l’époque et rejoignait alors la minorité qui soutenait l’Allemagne dans ses positions et surtout dans l’explication de texte qu’avait fait alors la Chancelière de la résolution de l’ONU. Le Canard a pu vivre à une lointaine époque deux interventions Française au Liban, l’une blindée par une résolution Européenne forte et cohérente, l’autre par une résolution Onusienne plutôt branlante. Et bien sur le terrain ça change tout.
Kadhafi sait faire la guerre. Il sait surtout se lier. Ses troupes sont dans leur grande majorité fidèle et il suffit de se rendre une fois là-bas pour comprendre quel statut social possède l’armée en tant qu’institution et le militaire en tant qu’individu. Ensuite Kadhafi a des réseaux : on ne passe pas les trois quart de sa vie à financer des réseaux internationaux sans pourvoir se targuer de quelques retours de service.
Plus pénible, les chefs de la résistance étaient aux commandes de l’Etat Libyen il y a peu ; leur chef fut même parti prenante dans l’affaire des infirmières Bulgares. Compliqué de parler alors de “morale” d’un côté tout en diabolisant l’autre. Dans le cas de la Libye, tout du moins, ça ne fonctionne pas.
L’opinion publique, qui se serait enthousiasmée dans le cas d’une blitzkrieg de quelques semaines, commence à piger qu’il y a de sérieux loups dans cette histoire et quand elle voit un philosophe se mêler et être mêlé à la diplomatie de son pays, elle est limite mal à l’aise et franchement rigolarde, si le contexte le permettait. D’autant que certaines interventions de notre armée, ces dernières années, en Afrique, furent jugées étranges quant aux résultats et aux méthodes appliquées.
Une fois que Le Canard a dit ça, et bien il est en droit de s’offusquer de ces anciens parlementaires et ancienne ministre Français qui ont reçu l’invitation d’une pseudo ONG - gérée par la fille Kadhafi - à se rendre en Libye et y ont répondu favorablement, alors que des troupes Françaises sont engagées la-bas.
En effet, Quatre anciens parlementaires européens, dont une ex-ministre et deux autre Français et , ont été « invités » par une mystérieuse organisation non gouvernementale libyenne pour rencontrer des responsables du régime.
La chiraquienne Margie Sudre, secrétaire d’Etat chargée de la Francophonie dans le gouvernement Juppé de 1995 à 1997, faisait partie de la délégation. Sur place, la délégation, composée également de l’ex-député européen radical de gauche Michel Scarbonchi et de l’ancien maire de Montélimar (Drôme) et président du Parti radical valoisien, Thierry Cornillet, s’est entretenue avec deux ministres, dont Bechir Saleh, un proche de Kadhafi. Ainsi qu’avec le cheikh Ali, coordinateur des tribus, également lié au pouvoir.
Le voyage a duré quatre jours et les élus sont revenus à Paris, ce week-end, remontés contre la politique de la France. « Il faut être réaliste : 70% de la Libye sont contrôlés par Kadhafi. Après cinq mois, l’enlisement est total. Il faut négocier une sortie de crise pour éviter une partition du pays », lance Michel Scarbonchi. Qui ajoute : « Les conseils de Bernard-Henri Lévy mènent notre pays dans le mur. Les sondages montrent que les Français s’interrogent de plus en plus sur le bien-fondé de cette guerre. »
Même si on n’est pas en phase avec la politique de son gouvernement, la guerre n’est pas une campagne électorale ; on n’a pas le droit de visiter “l’ennemi” quand nos soldats se battent sur le terrain. A moins d’être dûment mandaté par son gouvernement.
Ben ça, même si les idées de ces mamamouchis sont en phase avec ce que pense Le Canard de cette opération, Le Canard n’aime pas ça : c’est pas parce qu’on est contre qu’il faut pactiser.