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Le Kiosque aux Canards
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L’affaire Grecque : va falloir quand même dire les choses qui fâchent.

L’affaire Grecque : va falloir quand même dire les choses qui fâchent.

 

 

 

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Le Canard - et c’est loin d’être la première fois - s’étonne d’entendre, ici et là, chez nos politiques majoritaires expérimentaux - expérimentaux ; de plus en plus - la reprise en boucle dans les médias des consignes données par les chefs de comm’ UMPistes : soit le NanoPrésident se bat comme un trigre, avec ses petits bras, pour sauver l’Europe, l’Euro, le monde libre, la culture occidentale et le confit de canard aux truffes. 

 

 

Mais, sur le fond du blèm ; ben que dalle. De là à penser qu’ils y pigent, dans leur grande majorité, autant que certains de leurs candidats aux cantonales qui, non content de ne pas poser de logo UMPiste sur leurs tract de campagne, y parlaient de minarets et autres “soucis”, en aucun cas liés aux attributions d’un Conseiller général, rejoignant en cela les campagnes locales du FN qui, quand il ne sait pas de quoi il en retourne ; blablatte pour noyer le poisson. Bref ; les UMPistes, du moins celles et ceux qui regardent, ébahis par leur NanoPrésident, pigent que dalle à rien...

 

 

La Grèce, c’est le bordel.

 

 

Oui ; ça l’est depuis une bonne dizaine d’années. La fraude y est un sport nationale ; il te faut savoir, jolies lectrices et fiers lecteurs que la banlieue chic de Larissa compte plus de Porches Cayenne par habitant que New York ou que Londres. Et, feuille de salade sur les mézés, un habitant sur neuf paye ses impôts. Comme le rappelait Pedros, patron d’une PME de cosmétique à Libération en 2010 ; «En Grèce, payer ses impôts, c’est être un con». 

 

 

Mieux ; les backhichs, appelés “fakelaki” - enveloppe - sont la norme.

 

 

Les inspecteurs du fisc n’échappent pas à la pratique, bien au contraire. Car le moteur de la fraude, ce sont eux. «Ici, on parle, comme au foot du 4-4-2 : l’inspecteur du fisc prend 4 pour lui, vous en laisse 4 et en donne 2 à l’Etat» , se désespère un patron. «L’inspecteur du fisc négocie directement avec le comptable de l’entreprise, raconte Electra. Il lui donne une enveloppe pour que le redressement soit minime voire inexistant. L’inspecteur du fisc multiplie son salaire par trois ou quatre au minimum.»

 

Libération rapportait à l’époque que le fisc a utilisé Google Earth pour compter les piscines dans les quartiers nord huppés d'Athènes: «Le chiffre final ? 16.974. Le nombre de bassins déclarés ? 324…»

 

 

Mais, tout n’est pas si simple, puisque l’exemple vient de haut. Les comptes publics de la Grèce furent falsifiés pour lui permettre d’accéder à la zone euro. Plus cocasse, le grand ordonnateur de la falsification était Mario Draghi, depuis peu gouverneur de la Banque Centrale Européenne et, à l’époque, directeur du pôle “Europe” de cette même institution. N’oublions pas non plus qu’il “vice-présidait” la banque d’affaire américaine Goldman Sachs et que cette banque, liées de près à certains prêts accordés à la Grèce, avait tout intérêt à donner un léger coup de pouce aux comptes de cet Etat pour récupérer, un jour, sa mise.

 

 

Alors ; Le Canard veut bien regarder à la tévé son NanoPrésident, le front brouillé de rides de fatigue et la mine coincé comme dans un jour de constipation, lui raconter sa croisade merveilleuse et déterminante pour sauver le monde occidental, mais peut être aurait il fallu qu’il se retire les doigts du fondement un peu avant. Et surtout ; comment s’offusquer du manque de choix d’un peuple ? Soit il valide d’un oui le référendum en acceptant une austérité dont il ne verra jamais le bout du bidule, soit il laisse son pays aux mains d’une bande de technocrates jamais sortis de leur bunker Bruxellois. Pas simple l’histoire. Même pire le bordel ; que le peuple Grec réponde “oui” ou “non” ; il est dans la merde.

 


Mais... y’a peut être mieux comme réflexion... Et si on en profitait pour donner à l’Europe un vrai gouvernement politique, dont seraient exclus les technocrates et autres pollueurs ? Et si le président du Conseil Européen avait de réels pouvoirs ?

 

 


N’est-il pas le moment d’inclure, dans le programme de gôche, une véritable avancée sur notre vielle Europe, si malmenée par les beaufs extrémistes de tous bords.