Alors que dans leurs différentes interventions, les ténors UMPistes s’auto-paluchaient d’avoir levé le secret-défense sur l’affaire Karachi, nous apprenons ce matin que l’Elysée vient de renvoyer vers le ministère de la Défense l’examen de cette éventuelle levée.
Bon, déjà, là ; on est un peu largué. On est un peu largué car si nous écoutons M’dame Morano, - voir la vidéo ci-dessous - nous avions cru, à priori à tord que le secret-défense avait été levé par le NanoPrésident. M’dame Morano fait d’ailleurs deux erreurs ; la première, le secret-défense n’a jamais été levé et, en plus, il l’est ou il ne l’est pas par le ministre de la défense et pas par le président de la république. Mais bon, dans la “république irréprochable” de M’dame Morano, on en est pas à une bêtise de plus.
Réponse, dans cette vidéo, de Maître Morice, avocat des victimes, à l’hystérie de la ministre “Votre république irréprochable, vous savez où vous pouvez vous la mettre...”. Pas très classe mais, au moins, très précis.
La présidence de la république, d’ailleurs,vient de faire savoir qu’elle ne souhaitait faire aucun commentaire sur cette affaire. Tu m’étonnes... Deux proches du NanoPrésident sont déjà mis en examen et l’intermédiaire sulfureux du machin, Ziad Takieddine, demande à présent, alors qu’il est lui aussi mis en examen, à rencontrer le chef de l’Etat, qu’il appelle “le patron” en ajoutant “Il y a intérêt, je pense, et la France y a intérêt”.
Non content de se foutre de notre tronche, il renchérit en avertissant Claude Guéant "Je lui dis 'rafraîchissez-vous un peu la mémoire' et je demande des excuses de sa part."
Sur France info et RTL vendredi, il a par ailleurs expliqué que Jacques Chirac accusait en 1996 l'Arabie saoudite d'avoir financé la campagne d'Edouard Balladur, en montrant un contrat classé secret défense.
Il a mis en cause aussi Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée sous la présidence Chirac.
Nicolas Sarkozy est désigné par un rapport de police luxembourgeois versé au dossier judiciaire comme le maître d'oeuvre de la mise en place de circuits financiers au Luxembourg, où ont transité les commissions.
Edouard Balladur a dit à une mission d'information parlementaire et à la presse que les quelque 20 millions de francs (trois millions d'euros) en grosses coupures versés à ses comptes de campagnes provenaient de dons de militants ou de la vente de T-shirts et de gadgets.
Brice Hortefeux doit être entendu aujourd'hui en qualité de témoin par la police judiciaire dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Paris pour "violation du secret professionnel" et "recel" dans le dossier Karachi.
Vive la “république irréprochable”. Tout cela commence à sentir le gnou à donf.