La dernière semaine avant le premier tour de scrutin des cantonales fut prolixe en dérapages. Vous me direz, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs, que ce n’est pas la surprise du siècle ; cela fait maintenant quatre ans que nous nous coltinons les Majoritaires Expérimentaux UMPistes qui se sont, au gré du vent et des faits divers, tantôt ouvert à leur gôche, tantôt à leur droite. Mais il est vrai que, depuis maintenant plus d’un an, on est, chez les UMPistes, assez partisans d’une chasse organisée de l’immigré originaire des pays méditerranéens, dont la puissance du pseudo complot de ces arrivants bouffant les allocs de mémé génère fantasmes chez nos joyeux beaufs.
Le Canard ne reviendra pas sur les chiffres précis - lire ICI - qui nous permettent de savoir avec précision que, depuis 1990, l’immigration n’a pas augmenté dans notre pays - ah bon ? Même sous le dernier gouvernement Jospin ? Ben non ducon ; on pourrait même dire surtout pas ; comme quoi, le fantasme... - Pourtant, lorsque Claude Guéant succède à Brice Hortefeux au ministère de l’Intérieur, il n’hésite pas à nous sortir : « je vais améliorer la sécurité des français et lutter contre l’immigration irrégulière ». Comme si les immigrants irréguliers, vu le bordel ambiant dans lequel nous ont mis Guéant et ses potes, se trouvaient encore attiré dans un “flux” massif qui déborde de partout et viens dévorer nos enfants et nos Yorkshires.
Non content de cette première sortir, notre nouveau ministre de l’intérieur de ce dixième remaniement, continue - sans doute pour le palier inférieur des beaufs, qui ont besoin de plus de précision dans le langage afin de tout bien piger. Alors, comme on ne peut pas dire - encore ? - en France que “les arabes ne sont pas comme nous et nous polluent par leur culture de merde”, ben Guéant, il dit ça ; « Le gouvernement est affronté à un défi formidable et redoutable, celui de changer la France pour qu’elle reste elle-même, qu’elle conserve sa civilisation, son art de vivre, son modèle de société ».
Etrange quand même. Quoi que : profitez de l’inculture historique d’un certain nombre d’entre nous, c’est plutôt vendeur. En effet, il n’y eut que rarement dans notre histoire - à part des menaces de renvois, liés à des périodes où le trésor royal avait besoin de tunes, où l’on imposait aux Maranes et autres Lombards de payer un droit de séjour plus élevé - une chasse politique à l’étranger. Non, même sous la monarchie, l’accueil du sol était de mise. Alors, le côté “civilisation, art de vivre et modèle de société” ; il se le garde, le Géant ; ce n’est pas issus ni de notre histoire, ni de notre civilisation, ni de notre culture.
Alors, on pourrait rétorquer que l’immigration massive - sauf que, hein, de “massive” ; il n’y en a que dans les fantasmes de certains - l’économie se trouverait en danger. Même pas on peut, camarade beauf ; D’après une étude de l’Intitute For Public Policy Reseach ( proche de Tony Blair ), pour que l’économie d’un pays aille bien, il est nécessaire d’augmenter sa population. Pour cela deux solutions sont possibles : l’augmentation se fait par les naissances ou par l’immigration.
L’immigration est donc un atout économique. D’ailleurs, renvoyer les sans papiers chez eux coûterait plus cher que de les régulariser. En Angleterre, les dépenses s’élèvent à 1 milliard de livre pour leur régularisation. A l’inverse, leur renvoi coûterait 4 milliards de livres.
Mais, cela ne sert à rien d’argumenter car entendre et voir que leurs soucis quotidiens ne seraient le fruit que de leurs propres incompétences n’est pas réellement acceptables pour nos beaufs fachos ; c’est bien plus simple de nier la réalité afin de marteler des trucs invérifiables et, surtout, qui n’engagent que l’étranger. C’est, d’ailleurs, exactement le même principe pour la sortie de l’euro. Comme ce le fut pour les prières de rues qui ne touchent qu’un nombre infinitésimal de rues et sur le voile, qui ne préoccupe qu’environ trois cents personnes. et, de ces exceptions, on fait la règle... Drôle de manière de gouverner.
Alors, à un an des présidentielles et à deux jours des cantonales ; notre ministre de l’intérieur s’est sans doute dit qu’il fallait en remettre une couche et... Il le fit hier sur Europe 1 : "Les Français à force d'immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale".
Ben ça ; ça troue le cul du Canard qui, pourtant, à pris l’habitude depuis quatre ans qu’on l’encule sans le caresser avant. La solution ? Voter ! Virez dès le premier tour de chaque élection ces candidats UMPistes fantômes, qui n’ont même pas les couilles de faire apparaître le logo de leur parti sur leurs documents de campagne ; virer les politiques issus des partis qui les soutiennent. Les briser un peu plus à chaque élection jusqu’à temps qu’ils revoient leurs priorités programmatiques pour notre pays, dont la culture, les traditions, l’histoire ont fait qu’il avait, avant leur arrivée, une aura digne de son histoire dans les “restes” du monde.