On a l’impression que ça barre en couilles. Que personne n’est plus maître du navire. Pourtant, les idées foisonnent, les solutions existent mais sont subtilement planquées derrière les motivations de chacun des intervenants politiques et économiques du bazar. Et, tel un virus sournois ; ça tend plutôt à se propager dans la population des simples quidam. Chacun ne voit que son crédit Cetelem ou Finaref ; ses traites, ses vacances. Alors, il devient plus simple de sous traiter le bon fonctionnement du monde aux partis, aux idéologues, qui nous endorment, tel le serpent du Livre de la Jungle, pour nous faire accepter leur vision du monde, planquée derrière un flot de bons sentiments.
Le Fn est dans cette optique depuis pas mal de temps. L’UMP prend le même chemin depuis peu, la faute, l’horreur, le chaos ; c’est les “autres” et pas “nous”. Comme nous virions mieux sans la dette Grecque. Comme nous aurions plus de tévés à écran plat sans les gamins d’Afrique qui crèvent la dalle, et comme on pourrait mieux les voir avec un écran plat encore plus grand. Comme le monde serait mieux et plus sûr sans les musulmans, salles, voleurs, et surtout adorant un autre dieu que le nôtre, avec d‘autres traditions. Comme tous ces cornards emmerdent profond Le Canard !
Alors, les humanistes ; celles et ceux qui pensent que l’humain doit être au centre de tout, que ni l’industrie, ni le capital, ni les tévé à écrans plats ne doivent se substituer à l’humain, sont à la recherche d’utopies. Les grands sentiments, ceux qui permettent de trouver un sens à son existence sans avoir recours aux prières d’un ami imaginaire qui fout le bordel dans ce monde depuis deux milles ans, voir plus. L’utopie ; le truc qui rassemble au delà des frontières, qui se positionne au dessus des couleurs de peaux, qui fait piger que chacune et chacun des peuples, des ethnies de ce monde a son mot à dire, quelques soient les avancées de l’histoire. L’utopie ; qui guide le sens de la vie en occultant, sciemment, les difficultés d’un réalisme qui nous conduit au chaos.
Peu comprennent que c’est cette utopie qui fait vivre, qui fait avancer, qui fait croire ; peu ont encore enregistré que c’est une réalité : soit nous choisissons l’utopie, soit ce sera la guerre. Une guerre bien plus meurtrière que celles que nos ancêtres occidentaux ont connus ; un truc global, dont le feu sera alimenté par les haines de chacun. Laisser les autres dans la merde, sans comprendre que cette merde nous retombera dessus, c’est ne pas comprendre le monde ; c’est vivre comme dans un village ; au dessus de tout, au dessus de tous. nous en sommes à un croisement, nous nous branlons de nos réussites, de nos passions, de nos hobbies, sans voir, sans entendre. Nous mettons aux nues des programmes tévé qui nous asservissent au lieu de nous faire réfléchir. Nous vivons, plein de bons sentiments, plein de mièvrerie, sur les plantes, les animaux, les cailloux, sans cogiter que cette énergie dépensée, avec un tant soit peu d’égrégore, de pensées communes, nous sortirait du gouffre. Mais, croire en l’utopie est à mille lieues de ce que l’on nous vend.
Alors, dormez. Continuer à fermer vos paupières pour vous palucher tous les jours. Mais ne venez pas pleurer, ensuite : vous avez voulu sous traiter vos vies : acceptez en les conséquences.