Le Canard pige que dalle au sommet de Bruxelles.
Le Canard pige que dalle au sommet de Bruxelles. En août, on avait d’ailleurs déjà eu un sommet du même genre, pour un résultat mitigé. Aujourd’hui, mis à part les tronches enfarinés de nos dirigeants, sortant de réunion, on a peu d’infos. Alors, regardons les tronches. Samedi, notre NanoPrésident, lorsqu’il est rentré à son hôtel, il faisait la gueule des mauvais jours en allant se coucher dans sa suite du quatrième étage.
Mais, quelques instants après, ce fut la chancelière Allemande qui, logeant au même hôtel, fit son arrivée. Au lieu de suivre le même chemin que son homologue Français, elle s’est posée au bar de l’hôtel avec son staff, pour picoler un peu en plaisantant avec ses conseillers. Le secrétaire général de l'Elysée, venu papoter avec elle quelques instants aux environs de minuit, « n'a pas été invité à s'asseoir ». « Ils rient de nous » a supposé un membre de la délégation française.
La relation de la scène dans les médias Français fut plus parlant que n’importe qu’elle analyse pointue du sommet : Mélenchon, sur RTL, en conclut que l'Allemagne a tout gagné. Sur Europe 1, Elkabbach la soumet à l'interprétation de Baroin, qui s'énerve et ne répond rien.
Une crise européenne opaque
Avis aux participants aux futurs sommets : si vous voulez que tout le monde croie que vous avez raflé la mise, pas la peine de tenir une conférence de presse, qui ne convaincra personne. Joignez l'utile à l'agréable. Attablez-vous, tard dans la nuit, au bar de l'hôtel où soupent quelques journalistes influents.
Mais la scène est bien pratique pour dissimuler cette réalité dérangeante : la crise européenne est une mêlée opaque et confuse, avec leurres, feintes, et changements de pied, dont pas un sur cent des journalistes qui la commentent, ne comprend les stratégies en temps réel.
Quelle est la stratégie de Sarkozy ? Pour quelle raison souhaite-t-il transformer le Fonds européen de stabilité financière (FESF) en banque ? Pour voler au secours des banques françaises, comme l'affirme un financier blogueur du Monde ? Ou bien est-il exaspéré par l'attitude de ces mêmes banques, commel'assure l'accrédité à l'Elysée du Monde, Arnaud Leparmentier ?
Pourquoi Merkel a-t-elle exigé une nouvelle réunion mercredi prochain ? Pourquoi Sarkozy a-t-il accepté cette réunion inédite en pleine semaine, sous la pression directe des marchés ? Quel est l'impact exact de la décote grecque qui se profile, sur les banques françaises, qui plastronnent « même pas mal » ?
Pourquoi le cataplasme Van Rompuy est-il sur le point d'être nommé « Monsieur Euro » ? Pour serrer les boulons des laxistes du Sud à la demande de l'Allemagne, ou pour leurrer la majorité parlementaire de Merkel en mimant le serrage de boulons ?
A vos analyses. Vous en savez à peu près autant que ceux qui causent dans le poste. Quand au Kiosque aux Canards ; il pige toujours que dalle au sommet de Bruxelles. Presque “que dalle”...