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Le Kiosque aux Canards
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Le débat sur la laïcité sera unilatéralement UMPiste ; même les représentants des religions de France le désapprouvent.

Le débat sur la laïcité sera unilatéralement UMPiste ; même les représentants des religions de France le désapprouvent.

 

 

 

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C’est une période noire pour le NanoPrésident et son  troupeau - de plus en plus faiblard d’ailleurs - ; après une fronde de certains de ses parlementaires, après une intervention de son porte parole, voici que les représentants des religions de France désapprouvent le débat sur la laïcité, plus connu, puisque “vendu” comme ça, comme un débat sur l’Islam de France.

Dans une tribune rédigée "sans aucun esprit polémique ou partisan", catholiques (Mgr André Vingt-Trois), protestants (pasteur Claude Baty), orthodoxes (Métropolite Emmanuel), musulmans (président du CFCM, Mohammed Moussaoui), juifs (Grand Rabbin Gilles Bernheim), et bouddhistes (révérend Olivier Wang-Genh) soulignent que "la laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble".

"Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis", mettent-ils en garde, en estimant "capital, pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation".

"Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. (...) Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ?", s'interrogent-ils.

Jean-François Copé, organisateur du débat qui devrait avoir lieu le 5 avril, est même monté au créneau pour calmer les mamamouchis UMPistes qui commençaient à ruer dans les brancards. Interrogé sur Canal + au sujet des réserves émises par François Fillon sur l'organisation de ce débat, Jean-François Copé a expliqué que «certains n'en veulent pas (...) parce qu'ils ont probablement été mal informés». «Et puis il y en a, disons les choses, qui y ont trouvé l'occasion d'une posture», a-t-il ajouté. Alors que le journaliste suggérait le nom du premier ministre, il a répondu après une brève pause : «Peut-être après tout». «On ne peut pas jouer collectif une fois ?», s'est interrogé Jean-François Copé. À la question : François Fillon «vous a manqué sur ce sujet ?», il a répondu : «Exactement!»

Fin février, le premier ministre avait déclaré qu'il s'opposerait à ce débat s'il «devait être centré sur l'islam» ou «d'une manière ou d'une autre», conduire à «stigmatiser les musulmans». Quelques jours plus tard, devant l'Assemblée nationale, il avait toutefois jugé ce débat «nécessaire».

 

Claude Guéant a été, de son côté, le dernier en date à ajouter un sentiment de confusion lié à ce débat. Jeudi dernier, le ministre de l'intérieur a ainsi provoqué un tollé en expliquant que «les agents des services publics ne doivent pas porter de signes religieux, ni manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne le doivent pas non plus». Des propos qu'il a depuis maintenus, accusant la gauche de les «déformer». On se demande comment les déformer plus qu'ils ne le sont...

 

Curieusement, un débat sur la laïcité et le port des signes religieux fut déjà organisé en 2003, avec la création d’une commission de réflexion sur l’application du principe de la laïcité dans la République. Un rapport rend compte des travaux de la Commission présidée par Bernard Stasi et installée par le Président de la République le 3 juillet 2003. Abordant la laïcité comme principe universel et valeur républicaine puis comme principe juridique, la Commission propose ensuite un "diagnostic" et une série de propositions visant à "affirmer une laïcité ferme qui rassemble". Le Kiosque aux Canards vous propose le téléchargement de ce rapport : Rapport sur l’application du principe de la laïcité dans la République.

 

Ainsi, présenté comme un débat sur l’Islam en France, débordé par les voix s’élevant de sa propre majorité et de son gouvernement ; le débat portera désormais sur la laïcité, tout comme celui de 2003... Tout cela valait vraiment le coup de se mettre tout le monde à dos, d’autant que les priorité des Français semblent ne pas être en phase avec les propositions gouvernementales.