Après l’intervention du NanoPrésident justifiant son dixième remaniements par sa volonté de mieux gérer "les conséquences de telles tragédies sur les flux migratoires. C'est la France qui serait en première ligne".
Après la sortie digne d’un mauvais guignol de la député Chantal Brunel sur les renvois en bateau de ces populations (lire ICI ) - mais où sont-elles donc ? -.
Après les trois heures passées par la blonde héritière à Lampedusa, où elle fustigeait ses arrivées “massives” alors que les autorités Italiennes ont décidées de fermer le centre d’accueil spécialement créé sur l’Île vu le peu d’arrivant - de 37 000 en 2008, nous en sommes aujourd’hui à moins de 3 000 par an... -
Ces déclarations aussi irréalistes que fausses, ont permis au Monde de pondre un article fort bien documenté et surtout avec des sources, ce qu’aucun des intervenants cités ci-dessus n’avaient pris la peine de nous donner, à nous, les pauvres cons qui ne comprennent rien, les chiffres et leurs sources.
Encore plus intéressant, nous apprenons que les flux migratoires sont stables depuis près de vingt ans. De fait, selon la fondation Robert Schuman, en 2010 les immigrés représentaient 8,6 % de la population européenne, soit moins qu'aux Etats-Unis (12,9 %). Et des voix de plus en plus nombreuses estiment qu'avec le vieillissement de la population, l'Europe devra, à l'instar des Etats-Unis, faire appel à l'immigration pour maintenir sa force de travail à l'avenir. Ainsi, La France comptait en 2010 6,5% d'immigrés, soit moins que l'Allemagne (10 %).
En France, en 2009, on comptabilisait 4,9 millions d'immigrés, personnes de nationalité française non nées françaises ni en France, et 2,9 millions d'étrangers, vivant en France sans avoir la nationalité française. Au total, ces deux populations représentent environ 8 % de la population totale. C'est 0,6 % de plus qu'en 1990, où ils représentaient 7,4 % de la population.
Selon l'Insee, les immigrés se répartissent en trois grands ensembles : ceux originaires d'Europe représentent 38,4 %, ceux originaires d'Afrique 42,3 % et ceux originaires d'Asie 14 %.
Concernant le “flux” issu de Lampedusa - le fameux aller/retour de miss Le Pen - nous apprenons que 335 Tunisiens et 2 Libyens sont passés par des centres de rétention Français, sans toutefois demander l’asile politique. Et oui ; la France n’est plus un pays d’immigration, mais simplement le point de passage pour d’autres destinations. C’est pour dire à quel point notre image a pris un coup, puisque même les personnes issues de pays en crises, en conflits, ou en état de pauvreté, ne veulent plus de la France comme destination finale à leurs périples migratoires.
D’ailleurs, 100 000 arrivants par an en France pour 65 447 374 habitants contre 500 000 au Canada pour 34 019 000 habitants, cela donne le niveau de ce “flux” sans doute très compliqué à gérer pour un pays comme le nôtre... A moins que l’on ne fantasme à ce point, qu’on oublie qu’à l’avenir, l'Europe devra, à l'instar des Etats-Unis, faire appel à l'immigration pour maintenir sa force de travail.
Mais, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs, allez faire comprendre ça aux beaufs de base frontistes, dont les candidats aux cantonales n’arrivent même pas à piger ce qui est du ressort d’un canton, d’une région ou de leur nation et qui se positionnent à côté, à chaque interview... Et puis, jetez donc un coup d’oeil sur les villes qu’ils gèrent, en relisant Comment que ça énerve Le Canard... ça calme...