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Le Kiosque aux Canards
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Le RPR du temps ou Sarkozy approuvait la retraite à 60 ans

 

 

 

Dialogue savoureux entre le secrétaire général du RPR, le jeune Nicolas Sarkozy, maire de Neuilly, et un socialiste installé, Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Industrie et du Commerce, à quelques mois des élections législatives de 1993.

 


Cela se passe sur le plateau d'Antenne 2, Christine Ockrent anime ce débat sur « les acquis sociaux ». (Voir la vidéo après la 4e minute)

 


retrouver ce média sur www.ina.fr

Extraits

Nicolas Sarkozy : « On aura beaucoup de mal à remettre en cause des acquis sociaux après douze ans de socialisme, car il n'y en a pas beaucoup (…) Le droit à la retraite à 60 ans, nous n'avons pas l'intention bien sûr de le remettre en cause ».

 


Dominique Strauss-Kahn : « Ou il reconnaît qu'il a eu tort d'avoir voté contre [la retraite à 60 ans, le RMI, la cinquième semaine de congés payés, etc.] et il est devenu socialiste, et alors merci Nicolas Sarkozy, ou alors il considère qu'il a eu raison de voter contre et on ne voit pas pourquoi il ne les ferait pas disparaitre s'il revient au pouvoir. »

 


Nicolas Sarkozy  : « Je n'ai pas l'intention de devenir socialiste. J'ai voté pour le RMI et j'ai voté pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires. »

 


Dominique Strauss-Kahn : « Contrairement à ce que vous venez de dire, le RPR a toujours été contre la retraite à 60 ans. »

 


Nicolas Sarkozy : « Non, nous avons toujours été pour la retraite à 60 ans ! »

 

 


Nicolas Sarkozy a blâmé François Mitterrand pour avoir abaissé l’âge de la retraite de 65 à 60 ans. Et l’initiateur de la retraite par répartition, alors ?


« Vous savez, quand on pense à ce qu’a fait François Mitterrand en ramenant l’âge légal du départ à la retraite de 65 à 60 ans ! On aurait beaucoup moins de problèmes s’il s’était abstenu ». Ainsi s’est exprimé le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, mardi soir, lors d’une réunion à huis clos à Beauvais (Oise) en présence de militants UMP.


Interrogé sur la proposition de Laurence Parisot (Medef) de relever l’âge légal à 63,5 ans, le même président avait pourtant affirmé sur RTL en mai 2008 : « Elle a le droit de dire ça, j’ai dit que je ne le ferai pas. Je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour cela. »

 

 

 

Tant qu’à réveiller les mémoires, un qui savait battre en retraite, c’est le Maréchal Pétain. Qu’aujourd’hui nul n’oublie. Pourtant, entre deux lois antijuives, le régime de Vichy, le 14 mars 1941, a édicté un système toujours en place aujourd’hui : les retraites par répartition, à l’époque aux plus de 65 ans.

 

Le maréchal avait alors abandonné aux experts les affaires socio-économiques du pays. Et c’est à un ancien dirigeant de la CGT, René Belin, passé du rouge au brun, nommé secrétaire d’État au Travail, qu’avait été confiée ladite tâche. Lui qui avait, un an plus tôt, dissous les confédérations patronales et syndicales en faisant d’une pierre deux coups : affaiblir les organisations ouvrières et mettre la main sur ces fonds de pension qui permettaient aux salariés d’épargner pour leur retraite.

 


Yves Bouthilier, ministre des Finances de Pétain, note dans son ouvrage le Drame de Vichy, paru après la guerre : « La retraite des vieux permit de libérer les fonds de chômage d’une catégorie d’attributaires. (…) Nous nous soumettions au réel. Ce n’est pas du tout se soumettre aux Allemands. Cette soumission au concret apparaîtra, quand les passions seront apaisées, comme le mérite du gouvernement du Maréchal ».