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Le Kiosque aux Canards
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Le Sénat à gauche, ça change quoi ?

Le Sénat à gauche, ça change quoi ?

 

 

 

 

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"Cette défaite est essentiellement une défaite de l'UMP due au sectarisme de ses dirigeants", a fustigé Dominique Paillé (Parti radical). Côté calculs, Laurent Hénart, lui aussi du parti de Jean-Louis Borloo, s'est réjoui de la progression des candidats de la confédération centriste (PR et Nouveau centre) dans ce "contexte très difficile pour la majorité sortante".

 

Samedi aura lieu l'élection du président du Sénat et une majorité de gauche devrait se prononcer pour un des siens.

 

Catherine Tasca devrait tenter sa chance face à Jean-Pierre Bel, qui théoriquement devrait succéder au perchoir à M. Larcher. Mais celui-ci a annoncé qu'il se représentait. Le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin veut croire que "rien n'est joué" pour cette dernière partie.

 

Toute la journée, des résultats sévères pour la majorité sont tombés. Le ministre de la Ville, Maurice Leroy, battu; un 8e siège gagné par la gauche à Paris où l'UMP ne détient plus que deux sénateurs; un gain d'un siège pour la gauche dans le propre département du président UMP du Sénat Gérard Larcher, ainsi que dans le Loiret, en Isère, Nord, Pas-de-Calais, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Oise, Manche, Pyrénées-Orientales...

 

"Plus que deux sénateurs UMP à Paris, c'est une défaite historique et politique", s'est réjouie Anne Hidalgo, 1e adjointe PS au maire de Paris. Pierre Charon, suspendu de l'UMP pour dissidence et malgré tout élu, a promis d'être fidèle au chef de l'Etat.

 

Avec 10 élus (4 auparavant), les écologistes ont particulièrement progressé et pourraient créer leur propre groupe.

 

La réélection dès le premier tour dans le Loiret, traditionnellement à droite, du PS Jean-Pierre Sueur avait constitué un des premiers signaux du succès de la gauche à la mi-journée. Dans la foulée, la victoire dans les Pyrénées-Orientales du président du Languedoc-Roussillon, le "frêchiste" Christian Bourquin, confirmait la tendance.

 

La droite a perdu des départements qu'elle détenait depuis pratiquement toujours comme la Lozère. Dans le Morbihan, contre toute attente, la gauche a remporté les trois sièges.

 

Il s'agit d'"une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP", a déclaré Harlem Désir (PS) au Sénat, où les propos de Jean-Pierre Bel ont déclenché une explosion de joie dans les rangs socialistes, ponctuée de "On a gagné, on a gagné!".

 

Cette victoire est particulièrement favorable pour François Hollande -qui s'est déplacé au Sénat ainsi que sa principale rivale de la primaire Mme Aubry-, car une grande majorité de sénateurs PS se sont prononcés en faveur du député de Corrèze.

 

"La gauche progresse partout, on sent une lame de fond", a affirmé le secrétaire national du PS chargé des élections, Christophe Borgel, qui a mis en garde contre d'éventuels débauchages par la droite samedi prochain pour l'élection du président.

 

Consolation pour le camp présidentiel: les ministres Gérard Longuet (Défense) et Chantal Jouanno (Sport) ont été élus.

 

Alors ? - parce que c’est quand même la question à se poser - : le Sénat à gauche, ça change quoi ? Bon, ok ; on peut se palucher, nous les affreux gôchistes, de leur avoir mis profond aux régionales, aux cantonales puis, à présent, aux sénatoriales. Ce qui, ne ravalons pas notre nouvelle victoire, fait du bien aux neurones et permet de partir sur la campagne présidentielle avec un peu plus de punch.

 

Mais, concrètement, on va pouvoir faire quoi ?

 

Première victime du vote des grands électeurs : la fameuse "règle d'or" de retour à l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voulait inscrire dans la Constitution. "C'est mort", a concédé un cadre de la majorité. Avec le basculement du Sénat, le gouvernement a perdu toute chance de réunir une majorité des trois cinquièmes des députés et sénateurs.

 

De manière générale, "sur le plan législatif, la gauche aura les moyens de retarder l'adoption des textes, de faire savoir haut et fort son opposition", a commenté le politologue Olivier Rouquan (Sciences Po). L'examen cet automne du budget 2012 pourrait en être une illustration.