On est quand même dans une drôle d’époque, ma brave dame. C’est à se demander s’il existe encore des citoyens qui acceptent de couper leur écran plat pour regarder, à la fenêtre, la vrai vie et le bordel ambiant.
Le Canard se souvient que quand le spécialiste de la tête de veau avait repris les essais nucléaire, une montée populaire lui était rentré dans le lard. Articles de presse, journaux télévisés, manifs ; bref : on lui avait balancé les scuds habituels chargés de mécontentement. C’était encore l’époque où le peuple s’exprimait et où les syndicats faisaient leur taf. Mais, pour ces derniers, y’a des circonstances atténuantes : on peut pas prendre le petit dej’ le mardi matin avec le NanoPrésident et lui foutre sur la gueule le mercredi matin. C’est pas poli. Voir même c’est compliqué...
Mais... Que le grand Gnou nous électrise ; y’a encore des gens qui, non seulement, ont des balloches, mais le montre. Le Canard a déjà écrit sur les Inspecteurs Citoyens ; leur procès avait lieu dans le Nouveau mont d’Eux ; voici les news :
Les sept militants pacifistes ont comparu mercredi 8 septembre devant le tribunal d'instance de Mont-de-Marsan pour s'être introduits en décembre 2009 dans le Centre d'essai de lancement de missiles (CELM) des Landes en signe de protestation contre le quatrième essai du missile M51. Ils avaient ainsi occupé le radar principal du centre de lancement pour empêcher le tir d’essai du futur missile nucléaire, le M5.
Une amende de 150 euros a été requise par le procureur de la juridiction de proximité Laurent Berges à l'encontre de chacun des sept membres du collectif "Non au missile M51".
Le jugement a été mis en délibéré au 3 novembre. Les prévenus, qui portaient tous des T-shirts blancs avec la mention "Désarmons", sont arrivés peu avant 14h00, accompagnés par une quarantaine de militants de leur collectif et d'une brigade de clowns qui imitaient notamment les gendarmes qui les ont interpellés le 1er décembre 2009.
Devant le tribunal, chacun des sept prévenus a reconnu avoir commis l'infraction de "séjour, installation et circulation sans autorisation sur un terrain militaire" pour laquelle ils étaient poursuivis. Ils ont cependant expliqué que leur action visait à empêcher la réalisation d’un crime bien plus grand : la violation par la France du traité de non prolifération, qui lui interdit de développer son arsenal nucléaire.
A défaut de relaxe, l'avocat des prévenus a demandé une dispense de peine, avançant que chacun des sept prévenus a "un casier judiciaire vierge", qu'ils n'ont "commis aucune dégradation" et qu'ils se sont eux-mêmes signalés auprès de la gendarmerie, et qu’ils ont simplement cherché à faire appliquer le droit international, supérieur au droit national.
Il est bien évident que Le Canard vous donnera le résultat du délibéré, mais il profite de ce billet pour renouveler son message de courage aux sept militants et à leurs entourages. Il n’y a aucun courage à se mêler au troupeau des moutons bêlant du Sarkozysme ; mais que d’énergie et d’abnégation il faut pour s’y opposer de cette manière. Respect.