Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Kiosque aux Canards
Le Kiosque aux Canards
Menu
Portrait d’Eric Zemmour dans le New York Times - Traduction.

Portrait d’Eric Zemmour dans le New York Times - Traduction.

 

 

 

 

zemmour- new-york-times-le-kiosque-aux-canards

 

 

 

 

(traduction perso, alors soyez indulgent : texte original ICI )

 

Il est peut-être le provocateur professionnel le plus connu en France, le plus adoré par les xénophobes de l'extrême-droite, de la même manière qu’il est vilipendé par les immigrants, les femmes et les homosexuels. Mais Éric Zemmour pourrait être mal compris aussi bien par ses alliés que par ses ennemis, dans une sorte de désespoir intellectuel dont la nuance se perd dans le fouillis sensationnel du monde des médias qu'il habite.


Homme mince, avec un parlé rapide et une intelligence redoutable, M. Zemmour, 52 ans, s’est forgé une carrière en parlant sur les bords d’une culture où l'idéal de l'harmonie sociale prend souvent le pas sur la liberté d'expression. Il peut être entendu quotidiennement à la radio française, lu chaque semaine dans les nouveaux médias et tout en étant vu à la télévision ; il est régulièrement accusé de racisme, de sexisme, d'homophobie, dans une combinaison de narcissisme et d’incitation à la peur de l’autre.


«Je suis la relance de la "polémique française" dans un monde qui est d'une part, américanisée, et d'autre part, que les gens veulent voir stérilisé par l'antiracisme, par la rectitude politique», a déclaré M. Zemmour autour d'un café, assis à l'arrière d'un sombre café de Paris. "Que ce soit dit : en France, vous n'êtes pas autorisé à dire du mal des minorités."


Dans les commentaires que ses détracteurs ont analysé et dénoncé et analysé de nouveau, il a parlé d'une "race blanche" et une "race noire", et dénonce ce qu'il considère comme la féminisation de la société et de l'homosexualité, qu’il appele un “désordre social”. Le mois dernier, cependant, ses prises de position l’ont, pour la première fois, amené devant un tribunal, pour répondre à des accusations de diffamation et de "provocation à la discrimination raciale."


Dans un débat télévisé datant de mars dernier, il avait soutenu que les noirs et les Arabes sont les cibles de contrôles racial par la police française "parce que la majorité des trafiquants sont noirs et arabes ; que c'est comme ça, c'est un fait". Le même jour, sur un autre canal, il avait suggéré que les employeurs français "ont le droit" de refuser un emploi à des Noirs ou des Arabes.


Ces déclaration  ne figurent pas, pourtant, parmi ses plus incendiaires, et cependant mettent mal à l'aise, même si le premier point peut-être vrai. Même les groupes constitués qui ont porté l'affaire devant les tribunaux reconnaissent qu’en France, les pauvres issus des populations immigrées représentent une part disproportionnée de la criminalité, même si ce n'est pas clairement «la majorité», dans un pays qui ne tient pas de statistiques officielles raciales.


Au grand plaisir de M. Zemmour, son procès de trois jours en janvier a attiré des hordes de supporters, dont plusieurs personnalités politiques, ainsi que des hordes de critiques et un grand nombre de reporters et de photographes. Ses commentaires avaient déjà alimenté des mois de controverses et de discussions ; il a faillit être licencié de son poste d’éditorialiste du Figaro Magazine, et Canal +, la chaîne de télévision qui a diffusé sa déclaration sur les trafiquants, a reçu un avertissement de l'autorité de l'audiovisuel français.

 
Ces réactions extrêmes pour le cas de M. Zemmour - et plus largement, à M. Zemmour lui-même - semble donner la mesure des tensions en France autour de la race, de l'islam et de l'intégration. Il parle aussi de la difficulté de discuter de ces questions dans un pays qui est engagé dans sa Constitution à traiter chaque personne comme un simple «citoyen», sans la reconnaissance de l'appartenance ethnique, la couleur ou la religion.


"Lorsque vous décrivez la réalité," a déclaré M. Zemmour lors de son procès, "vous êtes traité comme un criminel."


Ses détracteurs, eux,  pensent que c'est moins une question d’affirmer une réalité que la façon dont dil le fait.


"S'il avait dit qu'il y a une surreprésentation de la population immigrée, il n'y aurait pas eu un procès", a déclaré Alain Jakubowicz, un avocat qui préside la LICRA et qui a porté plainte. "Il ya les mots que l'on dit, et les mots qui sont reçus, les mots qui sont compris par celles et ceux qui les entendent."


"Il a des droits, bien sûr, mais il a aussi des responsabilités", a ajouté M. Jakubowicz.



Dès son jeune âge, M. Zemmour rêvait de devenir un "journaliste-écrivain-intellectuel" dans le style de Voltaire, d'Émile Zola ou de François Mauriac, avec un franc-parler et, parfois, radicaux comme eux dans leurs prises de position. Fils ambitieux de Berbères juifs qui ont émigré de l'Algérie française dans les années 1950, M. Zemmour a grandi près de Paris et a côtoyé l'élite à Institut d'Études Politiques de Paris, plus connu sous le nom de Sciences Po. Plus tard, après avoir été deux fois refusé à l'entrée de la non moins prestigieuse École Nationale d'Administration, qui alimente les plus hauts échelons de la puissance française, il est devenu journaliste, spécialiste en politique, et a rejoint le journal Le Figaro en 1996.


M. Zemmour est un homme occupé. Au-delà de ses livres et de ses romans, et des interviews qu’il donne sans cesse ; il présente un éditorial quotidien sur RTL, station la plus populaire du groupe Radio France ; il co-anime une émission de débat sur I TELE, écrit son éditorial hebdomadaire dans Le Figaro Magazine ; et apparaît dans un talk-show de trois heures et demie, le samedi soir, sur France 2, une station de télévision appartenant à l'État.


Paradoxalement, M. Zemmour exerce souvent son droit à la liberté d'expression en promouvant des limites plus strictes sur des libertés similaires, mais orientées ailleurs ; Il prône ainsi un retour à l'autorisation des seuls prénoms chrétiens, pour les enfants nés en France, suite à une restriction levée en 1993 ; ses ancêtres en Algérie avait adopté des noms français, a t-il noté. dans le même temps,  il a salué l'interdiction sur l’espace public du port du voile intégral du visage comme un moyen "d'obliger les gens à devenir authentiquement français."

"L'Etat doit faire son travail, ce qu’ il a toujours fait, d'imposer des contraintes," dit-il. "Pour moi, la France est l'interdiction du voile."


Il dit que ses points de vues sont ceux d'une majorité silencieuse, les Français qui cherchent le retour de la resplendissante France de De Gaulle, cette fierté imaginée par une France dans la culpabilité de l'ère post-coloniale. Les efforts visant à intégrer les populations immigrées du pays ont manifestement échoué, at-il dit, et le pays devrait revenir à l’approche «assimilationniste» abandonné il y a plusieurs décennies.


"Nous croyons que nous avons le meilleur mode de vie dans le monde, le meilleur de la culture, et qu'il faut donc faire un effort pour acquérir cette culture”, dit-il. “En revanche,  la notion d'un pays fait par la diversité de son peuple et de ses valeurs est une logique américaine."

 

Si on lui demande pourquoi il croit en la supériorité du modèle français, il dit seulement que «il y a un art singulier de la vie" en France.

 

«Pour moi, la France est la civilisation avec un grand« C », at-il ajouté.


Les groupes qui l'ont conduit devant le tribunal ont exhorté une vision sociale de l'Amérique, a t-il dit. Pourtant, a t-il ajouté, ils ne sont pas également disposés à approuver les normes américaines de la liberté d'expression, et ils s'opposent aux méthodes américaines des statistiques ethniques.


"Je prends - parce qu'ils m’y ont forcé - le modèle américain, et je leur relance ce modèle américain au visage", a déclaré M. Zemmour. "Mais au nom de la tradition française."

 

Il y a là une distinction délicate et même ses amis s'inquiètent car cette distinction pourrait bien être obscure pour la plupart des gens.


"C'est un mec très naïf", a déclaré Éric Naulleau, co-participant à l'émission sur France 2, dans une émission diffusée l'année dernière. "Il n'a pas compris les règles de l'écran, Zemmour. Il pense qu'il est comme dans un livre où l'on peut expliquer les choses, où vous pouvez prendre du recul."

 


Comme M. Zemmour, Yazid Sabeg, commissaire du gouvernement pour la diversité et l'égalité des chances, a été un acteur éminent des discussions sur les problèmes d'intégration de la France. C’est un homme d'affaires né en Algérie, il est aussi le plus grand défenseur du pays pour la légalisation des statistiques ethniques. Mais il a dénoncé les déclarations de M. Zemmour à propos des trafiquants comme inexactes et faites pour "répandre la haine", et a indiqué qu’il souhaitait  le voir condamné.


"Je suis pour tout dire"  annonce M. Sabeg . "Mais certainement pas  comme ça."

M. Zemmour fait fi de la position de M. Sabeg, et de celle des autres plaignants, en considérant leurs positions comme des numéros de contorsion absurdes et illogiques. "Ils veulent un modèle américain, sans ses inconvénients  et ce n'est pas possible, dit-il.


"Peut-être que je vais être condamné", a déclaré M. Zemmour, avec une certaine satisfaction. "Mais ils ne pourront jamais se dégager de leurs contradictions."

 

 

 

 

 

Bonus