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Le Kiosque aux Canards
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Sarkozy voulait se la jouer au G20 : Papandréou lui vole la vedette par son projet de référendum.

Sarkozy voulait se la jouer au G20 : Papandréou lui vole la vedette par son projet de référendum.

 

 

 

 

 

Doigt d honneur le kiosque aux canards

 

 

 

 

 

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy jouait donc les premiers rôles avec la chancelière allemande Angela Merkel à un sommet européen «crucial» qui a permis, selon lui, d'éviter la «catastrophe». A partir de jeudi, il accueillera le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des vingt pays les plus riches de la planète, sur la Croisette. Sauf que, la politique, quand on maîtrise pas grand chose, ce n’est pas si simple que cela.

 

 

Ainsi, après s’être autopalucher sur un accord, réalisé en fait par la chancelière Allemande, le NanoPrésident se prend en plein tronche la décision du premier ministre Grec de consulter son peuple. Ben oui ; quand on demande à un peuple entier, assis confortablement à son bureau de l’Elysées, de se serrer la ceinture, on prend assez mal le fait que ce peuple puisse décider de son propre avenir.

 

 

Ainsi, l'accord européen de Bruxelles est mort-né. L'annonce du référendum grec en a signé l'acte de décès. Nul ne peut reprocher au gouvernement grec d'en appeler à son peuple d'une décision aussi grave. Face aux sacrifices exigés d'elle, la Grèce exprime son refus de continuer à payer l'essentiel des conséquences de la crise de la zone euro.

 

 

C'est un échec cuisant pour la diplomatie franco-allemande, qui n'a pas su s'assurer du soutien d'Athènes au plan d'aide. Ce revirement nous rappelle que la crise européenne est bien avant tout une crise politique de gouvernance. La zone euro est ingouvernable et le restera jusqu'à ce que les dirigeants européens acceptent enfin de doter l'Europe d'une politique économique et budgétaire intégrée, confiée à un gouvernement démocratiquement désigné.

 

 

On ne peut pas demander à la fois à un peuple de se la fermer, et en même temps de ne proposer qu’une gestion économique d’une crise européenne qui est bien plus que cela. Où était le président de l’Union Européenne dans les fameuses négociations ? Nulle part. Et que peut on proposer comme solutions politiques pour accompagner l’aide financière ?

 

 

Aucune. Ainsi, pour palier à la gestion de nombreuses années d’un gouvernenemnt de droite en Grèce ; on décide de balancer du pognon, en se faisant aider des Chinois, trop heureux d’une nouvelle main mise sur de nouveaux territoires, sans aucunement être capable de proposer une logique politique à tout cela. Et bien non ; filer du pognon ne suffit pas ; il s’agit d’humains ici, pas de taux boursiers, pas de taux d’emprunts.

 

 

 

Le Canard salue la proposition du premier ministre Grec, en regrettant toutefois qu’elle n’ait pas eu lieu avant. L’Europe pourra intervenir dans les pays qui la compose que lorsqu’elle sera politique, pas seulement économique. Et, si la Grèce sort de l’Euro ; souvenons nous que ce ne sera pas le premier pays à avoir eu des soucis. 

 

 

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010, pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise grecque s’étende à l’Espagne, au Portugal voire à l’Italie, l’Union européenne en coopération avec le FMI se dote d’un fonds de stabilisation de 750 milliards d’Euro (La commission européenne est autorisée à emprunter 60 milliards d’Euros, 440 milliards apportés par les États à travers la création d’un Fonds européen de stabilité financière et 250 milliards apportés par le FMI).

 

 

 

Ce montant est à mettre en lien avec les besoins de financement du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande qui s’élèvent à 600 milliards d’euros pour la période allant jusqu’à 2012. Tout cela a t’il fonctionné ? Non ; cela a juste permis de gagner un temps qu’il aurait été judicieux de mettre au service de la création d’une Europe politique. Nos dirigeants ont joués ? Et bien ils ont perdus.