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Le Kiosque aux Canards
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Ségolène Royal poursuit l'UMP Dominique Paillé pour « injures »

 

 

 

Interrogé par le magazine féminin Causette pour un article intitulé « Ségolène Royal, folle du Poitou ? », le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé l'a qualifiée de « complètement illuminée », ajoutant qu'« elle a un comportement délirant ». L'ex-candidate à la présidentielle a déposé plainte vendredi pour « injures ».

Voici la déclaration complète de Dominique Paillé, citée dans le très bon article de Causette, et reprise peu après par le quotidien régional Le Courrier de l'Ouest :

« Dominique Paillé, détracteur attendu, se lâche dans une analyse au vitriol : “Elle et François Bayrou sont des gens très inquiétants, complètement illuminés, qui s'estiment investis d'une mission. Ségolène Royal a un comportement délirant.” »

Hystérique ? « Non. Elle marche sur les eaux. Elle a une immense opinion d'elle-même et donne l'impression d'agir de manière quasi messianique. »

Les services juridiques du conseil régional de Poitou-Charentes, que préside Ségolène Royal, confirment à Rue89 avoir déposé une plainte auprès du procureur vendredi.

Lefebvre, Morano et Peillon moquent aussi la « folle du Poitou »

L'article de Causette cite aussi des propos (plus anciens) de Frédéric Lefebvre disant qu'« elle a besoin d'une aide psychologique », de Nadine Morano fustigeant son « antisarkozysme primaire […] souvent hystérique », ou de Vincent Peillon estimant qu'« on est en psychiatrie lourde » -il avait ensuite fait machine arrière.

Pourquoi ne pas les poursuivre ? Réponse des services juridiques :

« La présidente a jugé que seuls les propos de M. Paillé étaient injurieux. La qualification d'“injures” est très compliquée à établir. »

Les autres propos étaient d'ailleurs sans doute prescrits.

« La présidente sait que la presse est libre »

Qu'en est-il des deux journaux ? Le jeune bimestriel Causette (8 000 exemplaires en kiosques et 1 000 abonnés) craint de devoir affronter un procès.

Car selon l'avocat de Rue89, Me Antoine Comte, une plainte pour injures par voie de presse aboutit « quasi automatiquement » à des poursuites contre la publication :

« L'infraction n'existe que parce qu'elle est publique. »

Le support est automatiquement poursuivi en cas de plainte avec constitution de partie civile, mais des exceptions sont possibles en cas de citation directe.

Réponse du juriste picto-charentais :

« La constitution de partie civile est en cours d'examen. Pour le moment, les publications ne sont pas en cause. La présidente sait que la presse est libre. »

Interrogé sur son répondeur pour connaître sa réaction, Dominique Paillé n'a pas encore rappelé.

Au nom de François Bayrou, la vice-présidente du Modem Marielle de Sarnez explique dans un sourire pourquoi il n'est pas question que son patron porte plainte :

« Si on devait saisir la justice chaque fois que Dominique Paillé ouvre la bouche pour dire une connerie [sic], ce qui lui arrive souvent, je crois que les tribunaux seraient assez rapidement encombrés. »