On nous a resservit du réchauffé. Mais avec du spectacle. Celui des longues réunions avec les conversations de couloirs tendues, les contre champs dans les couloirs, où conseillers courent dans une semi-pénombre, des chefs d’Etats qui rentrent à leur hôtel la mine fatiguée et les caméras branchées. Et des conférences de presse où les intervenants reprennent le texte de la veille, avec des mots différents. Bref ; le cirque est désormais rodé et les acteurs à leur place. On imagine presque des hordes de maquilleuses accentuant les cernes des politiques avant leurs sorties de salle de réunion.
Le scénario est bien ficelé, jusqu’au suspense insoutenable de la finalité du bidule : y aura t’il accord ? Et si oui, sur quoi ?
Par contre, et Le Canard ne doit pas être le seul à s’en inquiéter ; on a vu les chefs d’Etats, on a surpris les sourires méprisants du NanoPrésident et de l’Angela répondant à une question sur le guignol Italien mais... Où est donc passé le président de la commission Européenne ? Pourquoi n’a t’il pas présidé les différentes négociations ? A quoi y sert le père Van Rompuy ?
Résultat des courses ; y’a accord. La situation s’est débloquée en moins de vingt quatre heures, et, en fait, juste après que le parlement Allemand ait autorisé la chancelière à négocier une extension du fond européen de stabilité financière. Notre NanoPrésident va t’il le reconnaître ce soir, lors de son passage à la télé ? Le roi des infos troisième âge va t’il oser poser cette question ? Rien n’est moins sûr.
Ainsi, l'accord conclu porte sur un renoncement de 50% de leurs créances, soit cent milliards d'euros sur un total d'endettement public du pays de 350 milliards d'euros.
Athènes recevra en outre de nouveaux prêts de l'Europe et du FMI de 100 milliards d'euros également d'ici à fin 2014, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet. "Une nouvelle ère s'ouvre pour la Grèce", a déjà déclaré le Premier ministre grec Georges Papandréou. et Les pays de la zone euro ont opté pour un mécanisme permettant de mobiliser davantage de fonds, sans que les Etats ne dépensent plus: un "effet de levier". En l'occurrence, cela consistera à offrir un système d'assurance-crédit aux investisseurs pour les inciter à acheter de la dette publique d'Etats fragiles en garantissant une partie de la dette.
Mais à quel prix ? On parle déjà d’une augmentation d’un point sur la TVA Française, d’un passage à 67 ans pour la retraite des Italiens, et, pois chiche sur le couscous, un fonds spécial adossé au FMI et accueillant les contributions de pays émergents comme la Chine et la Russie. Le sujet est politiquement très sensible et ce dernier volet est impossible en l'état à chiffrer.
La Chine et la Russie ont fait état de leur intérêt et le NanoPrésident a prévu de s'entretenir de ce sujet avec le président chinois Hu Jintao aujourd’hui. Que va donc demander la Chine en échange de ses tunes, bienvenues dans cet accord ? Quoiqu'il en soit, on ne risque pas d'entendre parler des droits de l'homme en Chine, dans les réunions Européennes...
Et puis, pourquoi tant de suspense pour un accord que tous les observateurs nous livraient au moins une semaine avant ? Peut être parce qu’Angela et Nicolas sont dans un même bateau, et que seule Angela, grâce au votre de son parlement, a réussie à le quitter.