C’est dans les détails qu’on trouve le diable parait-il. C’est plus certainement dans les détails qu’on voit si un responsable politique connaît la société dont il est censé s’occuper. Comment peut on comprendre, juger et intervenir sur un sujet sans avoir tenté d’en tirer la substantifique moelle ?
La percée exponentielle du net en fait partie. On ne peut déterminer la société de demain sans connaître et comprendre celle d’aujourd’hui par les outils, créés et utilisés non par nos dirigeants, mais par des gens comme nous.
C’est le cas de Facebook, outil de rapprochement social assez génial, même s’il garde quelques points faibles, dont le premier est la possibilité de vente des informations personnels s’y trouvant. Mais, Le Canard espère que celles et ceux qui y ouvre un profil en sont conscient, sinon, qu’ils s’en prennent à eux seuls s’ils se font piéger ; l’info est suffisamment visible partout pour ne pas la louper.
Heureusement, Valérie Pécresse est ministre de l’enseignement supérieur et pas des technologies modernes, sinon la bourde aurait été bien plus grâve qu’elle ne l’est - voir la vidéo -
Non, Madame la ministre, Facebook n’a pas été créé il y a un an, mais en 2004. D’ailleurs, le premier profil Facebook de la ministre apparaît en 2007 ; c’est à se demander qui gèrent les profils des politiques, sans doute quelques conseillers à la communication.
Bien évidemment, les réseaux du net se gaussent allègrement de la sortie de la ministre et Twitter regorge aujourd’hui de “nouveauté” en tous genres, du style "Il y a 3 semaines, Apple sortait son smartphone révolutionnaire".
D’autant que son propos était de prôner les technologies modernes, en faisant remarquer d’ailleurs que “Facebook détrônait Google”, ce qui est difficilement analysable, puisque ces deux “services” n’ont pas la même finalité. Un peu comme si on affirmait que l’annuaire dépassait encore l’encyclopédie Universalis ; quel rapport ? Ben on ne le sauras jamais car personne sur le plateau n’a relevé ce non sens.
Ce qui est curieux et inquiétant, c’est quand on prolonge l’idée ; si la ministre se base sur le “on m’a dit que” pour développer un argumentaire sur ce genre de détails, peut on imaginer que c’est aussi le cas pour d’autres analyses, sur d’autres sujets, bien moi anecdotiques. On en revient à ce décalage toujours plus grand - et oui, même à l’époque des nouvelles technologies et du partages de l’information - entre les dirigeants et celles et ceux qui, les élisant, souhaiteraient avoir, au minimum, des responsables connaissant leurs sujets.