A 8h15, le 6 août 1945, le B29 baptisé “Enola-Gay” piloté par le Commandant Paul Tibbets lâchait la première bombe atomique - surnommée “Litte Boy” - de l’histoire sur la ville japonaise d’Hiroshima.
La bombe allait tuer d’un coup 100 000 personnes. Le nombre des blessés, le nombre de morts à posteriori est estimé à plus de 200 000.
Soixante-cinq plus tard, le Genbaku Dome, l’un des seuls bâtiments ayant résisté à l’explosion, témoigne de cet épisode dramatique et s’insère dans un parc dédié à la paix.
Le bombardement d’Hiroshima par l’arme nucléaire était un choix politique des USA qui ne voulaient pas s’engager dans un combat direct au Japon et qui voulaient surtout mettre un terme au conflit en Asie qui risquait de se prolonger inutilement.
L’attaque d’Hiroshima fut suivie par le bombardement atomique de Nagasaki le 9 août 1945. Environ 40.000 personnes ont été tuées directement par «Fat Man», la bombe au plutonium utilisée contre cette ville.
Le 1er décembre 2009, jour de l’ouverture du créneau de tir du 4ème tir d’essai du missile M51, des inspecteurs citoyens occupaient un radar au Centre d’Essai de Lancement de Missile - CELM - de Biscarrosse.
Par leurs actions, ils essayent de dénoncer la violation délibérée des accords et traités internationaux par la France en matière d'armement nucléaire. La France s'est engagée en les ratifiant à rentrer dans la voie du désarmement nucléaire et à ne pas attribuer de nouvelles missions à son armement nucléaire.
Elle a pourtant, renouvelé et modernisé entièrement son arsenal nucléaire par des armes de performance et de portée plus importantes et avoué avoir réalisé le dernier tir d'essai du M51, le 10 juillet dernier.
Le collectif "Non au missile M 51" réaffirme sa détermination à mener toute les actions nécessaires, dans le respect de la non-violence, pour que la France respecte ses engagements vis à vis de la communauté internationale et qu'elle rentre dans la voie du désarmement.
On peut se la raconter de la manière que l’on veut ; dans ce tout début du 21ème siècle, les autorités internationales discutent depuis déjà quelques temps de l’interdiction d’un certain nombre d’armes particulièrement meurtrière. Les “Inspecteurs citoyens” prennent tous les risques afin de faire connaître et surtout, de faire appliquer, les règles sur les essais et l’utilisation de ces armes.
Mais pas seulement eux. Le 17 juillet 1973, Jacques Paris de Bollardière - Résistant, plus jeune général de l’armée Française, militant contre la torture en Algérie - est arrêté au large de Mururoa alors qu’il manifeste de façon non-violente contre les essais nucléaires atmosphériques (et plus généralement contre la dissuasion nucléaire).
Plus récemment, En 2003, le général de réserve Étienne Copel conteste dans un ouvrage puis dans différentes interviews le remplacement du M45 par le M51 ainsi que le format de la FOST à 4 SNLE.
Selon Copel, « remplacer les M45 par les M51 [...] n'est pas un progrès. C'est une régression. Qui nous coûtera environ 15 milliards d'euros ».
Cette critique de la dissuasion nucléaire se justifie par des motifs économiques (« défense civile, modernisation des Armées et réduction du déficit de l'État ») et stratégiques :
« La première est que les missiles M45 qui sont en train d'équiper nos sous-marins nucléaires sont de véritables bijoux. Ils bénéficient de toutes les aides à la pénétration les plus modernes, leur portée est telle qu'un seul sous marin pourrait menacer, en même temps, à la fois New York, Alger et Moscou, leur fiabilité est excellente [...].
La deuxième raison qui montre que nous n'avons aucune raison de changer nos missiles est que, depuis l'effondrement du monde soviétique, personne ne dispose de système d'interception de missiles balistiques. Mieux, personne ne développe de tels systèmes. Même pas les Américains pour faire face à des missiles nettement moins sophistiqués que nos missiles M45. Certes, les États-Unis ont assez régulièrement des projets de défense antimissiles, mais ils ne passent pas à l'acte, tant il est difficile et coûteux d'intercepter un missile balistique arrivant de la stratosphère à plusieurs milliers de mètres par seconde [...].
Dans ces conditions, il est clair qu'il n'y a aucune raison opérationnelle de dépenser des milliards pour remplacer nos missiles M45 par de nouveaux missiles M51 [...] dont on ne pourra même pas tester les têtes nucléaires, puisque c'est maintenant interdit ! »
Ainsi, ces Inspecteurs citoyens ne sont pas à prendre comme de dangereux activistes qui souhaiteraient, en interdisant à notre pays des armes de dissuasion, le mettre en péril face à un ennemi éventuel, comme durant la guerre froide, leurs aînés en ont été accusé.
Non, utiliser l’argent public pour mettre en place des missiles dont un général assure qu’il n’existe aucune raison opérationnelle de le faire est tout simplement un argument logique et recevable par tous.
Le Canard se tient informé du procès et vous engage à approfondir vos connaissance de ce groupe - et à prendre contact avec eux, ils ont besoin d’un coup de main local, en surfant sur leur site : www.nonaumissilem51.org