On s’attendait, après avoir entendu notre NanoPrésident fustiger les juges et leurs erreurs, à du lourd, du pêchu, du tatoué. Du genre que les différents magistrats en charge de l'affaire faisaient parti d'une sombre société secrête judéo-maçonniqe-de Gôche, dont le but serait de ne plus emprisonner les délinquants afin de rendre la magnifique politique sécuritaire de notre gouvernement obsolète et à notre "savoir faire" en matière de maintien de l'ordre inexportable chez nos "amis" dictateurs.
Ben, à priori ; y’a que dalle de chez que dalle concernant les juges dans ces trois rapports - rédigés par les policiers, la gendarmerie et les magistrats - doivent être présentés ce lundi à Michel Mercier, le ministre de la Justice, alors même qu'il reçoit ce jour les magistrats en pleine fronde.
On y apprend deux points importants qui ne risquent pas de calmer nos magistrats dans leur mouvement de protestation contre le gouvernement, si prompte à l’ouvrir pour planquer ses propres responsabilités sur ses fonctionnaires.
Première erreur relevée dans le rapport de l'Inspection générale des service judiciaires: le 9 mars 2001, le principal suspect est condamné par la cour d'assises des mineurs de Loire-Atlantique à cinq ans d'emprisonnement ainsi qu'à une mise à l'épreuve. Mais le juge qui lui notifie ses obligations se trompe sur la durée de la mesure, deux ans au lieu de trois, d'après le rapport. Le point est rectifié, mais Tony Meilhon parvient à purger une partie de sa mise à l'épreuve... alors qu'il est emprisonné pour d'autres faits. Ainsi, pas de conséquence sur ce point là ; l’erreur fut visualisée, rectifiée et le mec est en taule.
Autre problème relevé : le conseiller d'insertion qui prend en charge Tony Meilhon en prison "n'informe pas l'antenne du milieu ouvert" de sa libération le 24 février 2010, note le document de l'Inspection, accusant une rupture entre le suivi judiciaire et le suivi psychologique.
Le rapport ajoute que "cette absence de coordination entre les deux services (...) ne permet pas de convoquer Tony Meilhon dans les trois jours de sortie (...) en dépit des instructions pourtant répétées des juges d'application des peines de Nantes sur ce point". "C'est à ce moment-là que se produit une rupture dans la prise en charge de Tony Meilhon, alors même qu'il a entrepris des soins en détention", précise le document. Donc, rien à voir avec une erreur d’un magistrat qui aurait planté la procédure ou le suivi.
Dernière erreur : "L'adjoint du directeur du service pénitentiaire (...) chargé d'affecter les nouvelles mesures de sursis avec mise à l'épreuve prend la décision de ne pas affecter le dossier à un conseiller", assure le rapport selon Le Figaro. L'intéressé assure avoir dû "priorité des dossiers que j'ai considérés comme étant plus sensibles" en raison d'un trop grand nombre de dossiers. Toujours pas de magistrat impliqué.
Trois erreurs, la première issue d’un magistrat mais qui fut rectifiée de suite ; les deux autres issues des services pénitentiaires et du conseiller d’insertion. Franchement, ça valait largement le coup de lancer un tel débat ; conclusion : ben la justice manque de moyen et se fait taper sur la tronche à chaque fois qu’un truc ne colle pas avec la politique du gouvernement.
Ce n’est même pas la peine d’espérer que ce “bug” fasse cogiter notre NanoPrésident pour le reste de son - désastreux - mandat ; ça fait des tonnes de fois qu’un truc comme ça lui arrive, et il n’a toujours pas pigé. Mais, au moins, ça nous permet de rester vigilant...