Tout le monde se souvient de l'épisode : le 23 février 2008 : alors qu'il visite le Salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy serre de nombreuses mains dans l'assistance. Un homme non identifié refuse sa poignée de main en disant « Ah non, touche-moi pas ! Tu me salis ! ». Nicolas Sarkozy réplique en continuant son chemin : « Eh ben casse-toi alors, pov' con ! ».
Stéphane Puccini, journaliste d'un collectif de pigistes Youpress, est présent et filme la scène. Le jour-même, il propose la vidéo au journal Le Parisien qui accepte de la mettre en ligne sur son site internet où elle rencontre un succès immédiat. Elle est également vendue à l'Associated Press dès le lendemain et est largement diffusée sur la chaîne américaine d'informations CNN[5]. Au nom du droit de citation, les grandes chaînes de télévision françaises (TF1, France 2, Canal+ ...) diffusent la vidéo dans leurs journaux, non sans demander, pour TF1, l'autorisation à l'Élysée.
Puis, elle est déposée par des internautes sur les sites de partage de vidéos YouTube et Dailymotion[7]. Le succès est tel que le collectif Youpress renégocie les termes du contrat avec Le Parisien.
Trois ans plus tard, ce retraité très nature sort de son silence dans un petit livre.
Dans cet opuscule d'une soixantaine de pages, mi-pamphlet, mi-compte-rendu d'entretiens avec Nausicaa Raymond, ce paysan de 75 ans à la retraite depuis 2000, rebaptisé Fernand Buron (qui n'est pas son vrai nom), explique qu'il ignorait sur le moment ce que lui avait rétorqué Nicolas Sarkozy. Mais la scène avait été filmée...
"Valait mieux ! Parce que si j'avais compris, ma pauvre, j'te garantis que ça se serait pas passé comme ça ! Tendre la joue, c'est pas mon genre", lance-t-il, remonté.
"C'est mon gars (son fils agronome au Canada, ndlr) qui m'a appelé du Québec" pour me dire que tout le monde parlait de moi sur internet, poursuit Fernand. "Quand j'ai vu tout le bigntz, quand j'y repense", s'amuse-t-il.
Ce respectable agriculteur, père de trois enfants et grand-père de sept petits-enfants, y était allé lui-même un peu fort en 2008 : "Touche-moi pas, tu me salis", avait-il dit au président de la République qui s'apprêtait à lui serrer la main. "Et j'en connais plein qui auraient fait pareil", assure-t-il, avouant se poser beaucoup de questions sur le chef de l'Etat et être en colère.
Et pour continuer sa croisade, le "citoyen Buron" invite ceux qui le souhaitent à le retrouver le 23 février prochain à 12H00 devant le palais de l'Elysée où il présentera officiellement son livre lors d'un "apéro Casse-toi pov'con". Il préconise aussi d'organiser ce genre d'apéritifs tous les 23 du mois jusqu'à l'élection de 2012...
Le livre est préfacé par Jean-Jacques Reboux, militant de la dépénalisation du délit d'outrage, qui avait été mis en garde à vue pour outrage au chef de l'Etat alors qu'il souhaitait un joyeux anniversaire à Nicolas Sarkozy en se faisant passer pour Fernand Buron le 28 janvier 2010.
Des extraits de la vidéo de l'entretien mené par Nausicaa Raymond seront également mis sur You Tube le 21 février. A la fin du petit ouvrage, deux pages vierges de "doléances" peuvent être remplies et envoyées au président, précise l'éditeur.
("Casse-toi pov'con. Le livre qui congédie Sarkozy !" - Fernand Buron - éditions Après la Lune - 64 p. - 5 euros - en librairie le 23 février)
C'est tout du moins ainsi que l'AFP a envoyé l'information dès hier sur tous les téléscripteurs et les boites mails de ses abonnés... Hors Le bouquin sort aux éditions Après la lune, c’est-à-dire la maison de Jean-Jacques Reboux, militant de la dépénalisation du délit d'outrage, mis en garde à vue pour outrage au chef de l'Etat alors qu'il souhaitait un joyeux anniversaire à Nicolas Sarkozy en se faisant passer pour Fernand Buron le 28 janvier 2010.
Il est également l’auteur de la préface du livre, et de Je suis partout, les derniers jours de Nicolas Sarkozy, oeuvre de politique fiction. Il est surtout l’heureux créateur du personnage de Fernand Buron, comme il le reconnaissait en janvier 2010.
“Ce Fernand Buron, je l'ai inventé de toutes pièces - et la supercherie a été dévoilée le matin même dans Le Parisien. [...] En novembre 2009, par jeu, je décide de donner vie à l'inconnu le plus célèbre de France. Je lui trouve une identité, Fernand Buron, lui ouvre un blog, une page Facebook.”
l'AFP reconnaît "être tombée dans le panneau" et annonce une dépêche "qui annulera la précédente et expliquera le canular".