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Le Kiosque aux Canards
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Attentat de Karachi: le juge suggère que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement"

 

 

 

Le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a confirmé l'existence de "rétro commissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan, a indiqué vendredi un avocat de familles de victimes, Me Olivier Morice


Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.



"Il est clair qu'au plus haut niveau de l'Etat français on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions", a dit Me Morice.

 

 

 

"Il a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétro commissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN", la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l'avocat.

 

 

Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétro commissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.

 

 

Onze salariés de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de ces sous-marins, ont été tués dans l'attentat contre leur bus le 8 mai 2002 à Karachi.

 

 

Selon Me Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la "seule piste crédible" envisagée était "la piste financière", à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.

 

 

Les familles de victimes de l'attentat de Karachi (Pakistan) ont par ailleurs critiqué vendredi Yves Jannier, le magistrat à la tête du pôle antiterroriste du tribunal de Paris, auquel elles reprochent de ne pas enquêter sur la piste d'un mobile financier à l'origine de l'attentat.

 

 

Premier vice-président du tribunal de grande instance de Paris en charge de l'instruction antiterroriste, M. Jannier, qui a succédé à Jean-Louis Bruguière, est un des deux juges avec Marc Trévidic en charge de l'enquête.

 

 

Or, il n'a pas participé à la réunion des parties civiles organisée vendredi matin par le juge Trévidic, en présence de la chef de la section antiterroriste du parquet de Paris, Anne Kostomaroff.

 

 

 

"Le juge Trévidic nous a expliqué qu'Yves Jannier ne croyait pas à la thèse d'un mobile financier pour expliquer l'attentat et que par conséquent il avait décidé de ne pas travailler sur cette thèse", a déploré Magali Drouet, fille d'une des victimes de l'attentat.