"C'est un meurtre commis avec beaucoup de sang froid, par un tueur calme et déterminé."
"Ce nouvel assassinat résonne fortement aux oreilles de chaque Corse, quelques semaines après le meurtre de l'ancien bâtonnier. Nous partageons l'émotion que ressent la population corse."
"Les Corses sont choqués et scandalisés - indignés devant l'étalage de cette chronique mortuaire. Chacun de ces crimes appellant en retour de nouveaux crimes."
"Depuis le début de l'année, l'île enregistre déjà 17 homicides! [...] Se font jour des logiques d'influences, des volontés de captation de marché, des détournements de biens publics. Elles sont une perte de chance pour le développement de la Corse."
Valls veut "réaffirmer la présence et l'autorité de l'Etat. La Corse, c'est la France. La Corse, c'est la République. La Corse, ce n'est pas un territoire à part où l'on accepterait la violence."
"Il faut débarrasser les acteurs des pressions mafieuses. Il faut faire reculer l'affairisme. Nous connaissons bien la Corse, Christiane Taubira et moi. Nous aimons cette région. Nous y reviendrons dans quelques jours pour parler de son développement. Les Corses ont besoin d'avenir, de dignité."
"La Corse ne pourra sortir des dérives mafieuses que si elle consent de toutes ses forces à cette stratégie. Il faut absolument rétablir la relation de confiance entre la société corse et les institutions. Confiance en la justice."
"Il n'y aura pas de législation spécifique en Corse", assure-t-il, avant de louer "le plan d'action du premier ministre".
"Priorité à la lutte contre les dérives affairistes", martèle-t-il.
"En Corse, on connaît les commanditaires. On sait mais on ne parle pas.. J'adresse un appel à la société corse: nous avons besoin de la mobilisation de toute la société corse, nous avons besoin de tous et de chacun! C'est l'économie corse qui en pâtit."
"A court terme, face à cette situation, je veux vous assurer de la détermination et du dynamisme affiché par tous les services - administratifs, de police, de gendarmerie. Je serai personnellement très attentif car l'Etat doit jouer pleinement son rôle."
Elle dit "ses sentiments" pour "la famille du président Nacer."
"Nous sommes là pour dire notre confiance aux élus confrontés à cette situation. L'Etat ne capitule pas. L'Etat ne recule pas."
"Nous sommes là depuis la nuit dernière, nous avons tenu une séance de travail dans la nuit avec tous les responsables." Elle veut "que les lois et les règles soient respectés" et souligne la "confiance aux Corses."
"Nous avons des responsables et des personnes de qualité, des fonctionnaires de qualité. Nous leur demandons de se mobiliser pour faire leur travail aussi bien qu'ils le font déjà et améliorer les relations de travail entre les administrations."
"Dans l'immédiat, nous mettons tout en oeuvre pour que chaque crime soit élucidé - avec la coopération la plus efficace entre les niveaux d'enquête, de renseignement, d'instruction, de jugement, de condamnation s'il y a lieu et d'exécution de ces condamnations. Aucun crime n'est acceptable dans un état de droit."
"Nous devons agir sur la prévention", poursuit-elle. "Nous intensifions les moyens d'identification" de transactions d'avoirs criminels, assure-t-elle encore.
"Une cellule de détection a été mise en place au sein de l'état major de sécurité. Il faut prévenir en sachant que l'affairisme participe au crime organisé et est parfois la porte d'entrée sur les réseaux qui participent à la criminalité organisée."
"Nous savons qu'il y a des liens étroits entre la criminalité organisée et certains secteurs d'activité.
"Il faut améliorer les élucidations et améliorer la réponse pénale", notamment "le délai". "Il faut protéger la réponse judiciaire. La délinquance qui sévit en Corse opère dans une réalité sociologique qui est celle d'une île, avec une proximité entre les personnes qui sont le fait d'un territoire avec une surface limitée et un effectif de population limité. Nous comprenons les difficultés qui font que les juridictions ont du mal à obtenir des témoignages. Mais le droit permet l'anonymat sur les témoignages! Nous prendrons tous les moyens pour protéger tous ceux qui contribuent à la révélation de la vérité."
"Nous allons diffuser une circulaire pénale territoriale qui donne des orientations précises pour rendre efficace ce que je viens de présenter."
"Nous contribuerons à rappeller aux Corses que ce sont eux qui tiennent leur territoire et que ce n'est pas une minorité d'assassins, d'affairistes. C'est aux Corses que doit revenir le dernier mot."
"Dans une dizaine de jours, nous reviendrons vous dire où nous en sommes. Nous avons demandé d'accélerer les calendriers. Nous ferons une transparence intermédiaire de façon à pouvoir affecter le plus vite possible des postes de magistrats au parquet et au siège."
Valls: "Le gouvernement a décidé de renforcer les services locaux". Il liste les nouveaux postes prévus pour la sécurité. "J'ai dit aux préfets qu'ils me fassent des propositions. Je rajoute un élément: pour sécuriser l'espace public corse, il faut aussi faciliter l'identification des auteurs de règlements de compte. De ce point de vue-là, je crois à un renforcement de la vidéoprotection sur la voie public, avec un taux de financement spécial de l'Etat. La vidéoprotection est un outil nécessaire."
"La lecture automatisée des plaques d'immatriculation devra être mise en place sur les axes routiers.", ajoute-t-il.
"Le taux d'élucidation est inférieur à la moyenne nationale, commente Taubira. Le fait de faire connaître le taux d'élucidation en termes d'engagement des affaires, du nombre de condamnations, etc. permettra aux Corses de mesurer la réponse judiciaire."
Taubira s'interroge: "Faut-il retravailler sur les méthodes?", avant de revenir sur le choix des "profils de poste" nécessaires pour les bons candidats aux postes-clés de son projet.
"Il n'y a pas que les Corses qui perdent confiance, il y a 65 millions de Français qui ont l'impression qu'il y a une forme de soumission à la violence qui s'est emparée de l'île", reprend Valls. "Il faut une réponse de l'Etat qui soit en continuité, en profondeur."
"Seul, l'Etat ne peut rien. Il faut une mobilisation de toute la société corse qui n'en peut plus et ne veut plus de cette image", prêche encore le ministre de l'Intérieur.
"Aucun secteur ne peut échapper à la force de la loi et à la détermination qui est la nôtre", poursuit Manuel Valls.
Parmi les secteurs d'activité concernés, comme le BTP, Manuel Valls insiste par deux fois sur "le sport".