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Le Kiosque aux Canards
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Dans deux semaines, on fête encore la naissance du nazaréen

Dans deux semaines, on fête encore la naissance du nazaréen

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans quinze jours ; c’est Noël

 

 

Et ben on y est ; C’est Noël dans seize jours ma brave dame. Le Canard a commencé tôt cette année ; il est déjà, à 11h10, deux semaines avant l’anniversaire du nazaréen, au Ballantine’s glace. Non non non ; il n’ira plus courir à partir d’aujourd’hui car, quinze jours avant les fêtes ; Le Canard s’entraîne à se saouler la tronche.

 

 

Y va donc falloir, comme tous les ans, se la péter en réunion de famille, bouffant des trucs conviviaux, et faisant le bonheur des marchands du temple. Les valeurs et les bonnes intentions s’arrêtent là où commence le formatage. Ce formatage mielleux et imbécile, cette propension à faire “comme tout le monde”, pour satisfaire les nains - qui, quand ils grandiront, n’en auront rien à foutre et ne se souviendront même pas de ces moments de convivialité synthétique et, plus grave, s’ils s’en souviennent comme des instants bénis, se retrouveront à dupliquer cette connerie sans nom avec leurs nains à eux et deviendront les moutons bêlant, à leur tour, au grand bonheur de ceux qui tankulent à longueur d’années, à longueur de siècles, à longueur de vies.

 

 

Décidément, les fêtes issues du Nazaréen ; Le Canard n’aime pas.

 

 

Même dans la famille d’idées et de valeurs du Canard ; celles et ceux qui ouvrent le plus leurs gueules, qui se vautrent dans la satisfaction d’avoir parlé ; qui jugent toujours, tout le temps et, bien sûr, à l’aune de leur vision à eux, se retrouvent à agir comme les autres béotiens. La vie est ainsi ; toujours l’ouvrir quand on ne comprend pas - ça fait chic et évolué - puis juger et, éventuellement, cogiter ensuite.

 

 

Ben Noël, pour Le Canard ; c’est ça. Le non sens absolu de l’intelligence de l’espèce : réussir à faire passer une sorte d’esprit transcendant de Noël, dont le personnage central fut créé par une marque de boissons pétillante caféinée. Ainsi, dans de nombreux foyer, un pauv’garçon va se déguiser en copie conforme du dessin d’Haddon Sundblom ; le publiciste de Coca-Cola qui inventa le Père Noël moderne. Rajoutez le sapin - conçu aussi par un publiciste - et les guirlandes et vous avez, en une soirée, le résultat de l’abrutissement le plus absolu puisque même une réunion familiale est formaté en fonction de croyances ou de mercantilisme.

 

 

Mais y’a pire que Noël ; les quinze jours d’avant

 

 

Le Canard n’aime pas les quinze jours précédant Noël. Il a horreur de ces journées où il doit se frotter au peuple pour aller chercher les cadeaux de sa naine. Faire la queue, se bastonner pour choper le dernier bidule qui cause tout seul, ou le jeu pour console que tu trouves que dans un seul magasin à l’autre bout de la ville. En plus, les nains ; ben ça a des idées à la con le reste du temps, alors, pour Noël ; ils s’éclatent côté innovations.

   

 

Le Canard n’aime pas Noël. Y’a toujours un illuminé à la maison qui te sort, deux semaines avant “et si on faisait un sapin super joli cette année..." Déjà, faut traduire “et si TU faisais un sapin...” Et vas-y que tu te retapes les magasins de putains de sapins, que tu vas cogiter à ta déco pour que ça fasse pas trop beauf, que tu vas installer le machin qui passe limite ta porte d’entrée, que tu te passes deux plombes à monter le truc qui penche d’un côté ou de l’autre, devant tes nains qui te hurlent dessus parce que le gnome qui fait de la lumière avec ses oreilles, ben il est pas droit et, avec leurs petits yeux lumineux, ils te proposent un coup de mains. 

 

 

Toi, con comme tu es, ben tu dis “oui” et ils te foutent le bordel du siècle dans le salon. Et ensuite, toi qui avait fait super gaffe de pas en mettre partout, des miasmes, ben tu dois te passer l’aspi dans toute la baraque pour nettoyer les machins qui sont tombés tout autour.

 

 

Un barbu né d’une nana qui s’est tapé un pigeon

 

 

Le Canard n’aime pas Noël. C’est le jour où le jeune barbu est né, dans une grange qui devait puer comme c’est pas possible, dans un coin du monde qui nous fout la merde depuis toujours, entouré d’autres barbus et d’une nana qui devait avoir tellement fumer de foin qu’elle croyait avoir couché avec un mec qu’avait des ailes - Ceci étant, c’est pratique pour la levrette -. C’est pour te dire, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs, que ça commençait pas terrible, l’histoire. Et ben ça a mal continué depuis ; Noël nous a foutu 2 000 ans de bordel.

 

 

Et ils nous prenaient déjà pour des Gnous dès le début. Si tu approfondis un peu le truc, tu te rends compte, qu’à l’époque, si les bestiaux se trouvaient dans une étable, ça ne pouvait pas se passer fin décembre, mais plutôt au tout début du printemps. Hors, ça collait pas avec les fêtes traditionnelles de solstice d’hiver. Alors, allez hop que j’tembrouille ; on truque le machin, et les Gnous seront bien gardés.

 

 

 

Noël ; c’est pire qu’un discours des Le Pen père et fille

 

 

 

Le Canard n’aime pas Nöel. Tu bouffes le sempiternelle menu que ta grand-mère te servait déjà, en plus, t’as payé ça une fortune dans des boutiques où t’as fait encore la queue et où ta naine te demande à genoux de regarder le programme télé de Noël. Résultat ; tu bouffes pas joyeux, un menu qui t’éclate pas, dans une atmosphère survoltée, avec des gnomes de Nöel qui courent partout, avec la télé qui fonctionne sur un programme de merde que personne ne regarde. Noël, c’est un truc à devenir sataniste. Avec tes nains en victimes du sacrifice, crucifiés en haut du putain de sapin avec blanche neige en fond sonore.

 

 

D'autant, que la naine du Canard ; elle fait dans le cas soc... Donc, le soir du réveillon, t'as au moins deux ou trois gosses de pauvre chez toi... Pfffff.

 

 

 

Mais Noël, c’est aussi autre chose...

 

 

Ce sont les souvenirs. Ceux d’une grand-mère aimé et disparue qui passait sa semaine à chercher les mets à cuisiner pour ne faire plaisir qu’à vous puis qui, s’isolant, cuisinait, préparait, décorait rien que pour vous et pour celles et ceux qu’elle aimait.

 

 

Ce sont les heures précédant le réveillon. Où vous sentiez monter en vous ce plaisir de découvrir les cadeaux s'amonceler sous le sapin illuminé et décoré, qui projetait ses lumières partout dans le salon, donnant des formes magiques au plafond et aux murs.

 

 

Ce sont les regards, les conversations, les attitudes... Le repas de Noël ,n’est pas comme d’habitude ; c’est un instant, un moment à part. Quelques soient les problèmes, les peurs, les craintes ; ce jour là, on est dans une autre dimension.

 

 

A chacun ses propres souvenirs, son propre vécu, son Noël à soi. Cette impression de se poser dans un instant qui, se prolongeant, n’existe plus que dans un souvenir exacerbé. C’est l’idée d’un rassemblement, d’une cohésion qui n’existe que pour vous, car aussi ponctuelle que synthétique ; mais c’est la votre, celle dont vous rêvez, celle dont vous aimeriez qu’elle fut présente tout le temps.

 

 

C’est le paradoxe ; on est capable d’amour mais on se détruit, tout le temps ; Noël est la trêve des sentiments humains. Noël est une accumulation de souvenirs passés qui revivent chaque année.

 

 

 

Le Canard vous souhaite un joyeux réveillon, fait d’amour et d’espoir et précurseur d’une nouvelle année qui verra vos souhaits se réaliser.

 

 

 

Le Canard, lui, se ressert un quatrième whisky. C’est Noël bientôt ... Bordel !

 

 

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