Après le bouclier fiscal, le truc qu’on nous présentait comme l’empêcheur de la délocalisation financière - qui n’a d’ailleurs rien empêché du tout, sauf aux plus grosses fortunes de payer un peu moins à la collectivité, nous voici à l’heure du passage aux oubliettes du fameux “travailler plus pour gagner plus”.
Ainsi, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a jugé mardi sur France Info que toucher à la défiscalisation des heures supplémentaires comme l'envisage le gouvernement était "une piste". "C'est une piste, on va voir ce que nous proposera le gouvernement", a-t-indiqué. "Regardez comme les choses ont changé en cinq ans (...). La donne a changé, il faut voir ce qui peut être le plus efficace", a-t-il ajouté.
Celui-ci, instauré en octobre 2007, consiste actuellement en une réduction forfaitaire des cotisations patronales et une exonération de cotisations salariales et d'impôt sur le revenu. La question de la taxation des personnes les plus riches fait également partie des sujets de réflexion. Le père Copé oublie sans doute de dire que depuis 2007, tous les observateurs un tant soit peu au fait sont plus que perplexes sur l’efficacité d’une telle mesure qui coûte 40 % du budget de l’emploi. D’ailleurs, une étude d’octobre 2010 montre que La défiscalisation des heures supplémentaires n'a eu "aucun impact significatif" sur le nombre d'heures travaillées
Mais elle a eu "un impact positif" sur les heures supplémentaires rémunérées donnant droit à "des ristournes fiscales". D'autre part, un rapport de la Cour des Comptes a conclu que l'exonération de cotisations et d'impôts pour les heures sup était coûteuse, son efficacité limitée et a prôné sa remise en cause.
Dans l'étude sur "La défiscalisation des heures supplémentaires : les enseignements de l'expérience française", les économistes Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo jugent que "la défiscalisation des heures supplémentaires n'a eu aucun impact significatif sur les heures travaillées" mais "bien eu un impact positif sur les heures supplémentaires rémunérées qui donnent droit à des ristournes fiscales". "Si les salariés concernés ont bien bénéficié d'un surcroît de rémunération grâce à la défiscalisation, ce n'est donc pas en moyenne en travaillant plus", selon un extrait de cette étude.
Les heures supplémentaires ont augmenté pour les catégories les mieux rémunérées mais stagné pour les autres, ajoute l'étude. "Les ouvriers ont généralement une durée du travail réglée, plus facilement vérifiable" et des "possibilités d'optimisation fiscale (...) moindres", tandis que les cadres, techniciens ou professions artistiques ont une "durée du travail difficilement vérifiable par un tiers dès lors qu'employeurs et salariés ont un intérêt commun à ne pas la révéler", selon l'étude.
Ces mesures coûtent plus de 4 milliards d'euros par an à l'Etat, qui doit rembourser la Sécurité sociale du manque à gagner en cotisations et se prive de recettes d'impôt sur le revenu.
Ainsi, cette fameuse crise reste l’otage bien confortable de celles et ceux qui croient encore que l’UMP à des solutions qui vont au delà de la discussion de comptoir sur l‘identité nationale et autres lubies incompréhensibles pour qui vit au quotidien les résultats de douze ans de gestion de droite. Peut être se tourneront ils vers le “nouveau” FN, ce désormais clone de l’UMP dont les propositions sont encore plus vagues que son modèle, mais où l’on retrouve maintenant les mêmes blaireaux beuglants. Et, bien évidemment, impossible de parler à un FN des magnifiques résultats de la gestion des municipalités dont ils ont eu la charge, oubliant d’ailleurs que les équipes dirigeantes de l’époque sont les mêmes qu’aujourd’hui.
Bref ; l’UMP et ses copains issue de la mouvance “blonde Marine” devraient dès à présent commencer à se mordre les doigts afin de se préparer à mordre la poussière en 2012, comme pour les élections locales et européennes depuis 2007.