Ayant cogité sur les raisons de leurs résultats catastrophiques sur le web, les jeunes UMPistes ont décidé de mettre en place un nouvel outil pour promouvoir la merveilleuse propagande de leur NanoPrésident, lui-même d’ailleurs issus de leurs rangs. Ainsi, ils ont créé “Twitpop” afin de mettre en lumière la parole UMPiste sur Twitter. Et ça donne quoi ? Ben que dalle, comme d’hab.
L’idée est la suivante : au lieu de laisser la libre parole militante, les responsable ont conçu cet outil afin de formater les messages de leurs adhérents. Pas question de laisser dire n’importe quoi par n’importe qui, au temps des fameux “éléments de langage”, ou EDL. Et, pour devenir leaders politique de la toile, et plus précisément sur Twitter, le boss des jeunes UMPistes, Benjamin Lancar, déjà créateur du LipDub en 2010, qui avait fait marrer toute la webosphère, nous a pondu sa dernière trouvaille qui, à défaut d’être efficace, nous fait profondément marrer.
Marrer ? Ben oui : cela prouve une fois encore que seule la parole formatée à droit d’exister chez les jeunes UMP.
Interrogé sur cette nouvelle arme du web, le ridicule Lancar répond "Je ne vais pas révéler tous nos secrets (rires)". Sauf que Le Canard n’a pas besoin de lui pour découvrir ce qui se cache derrière le bidule. Donc, si tu es, Jolie Lectrice et Fier Lecteur, un brave jeune militant UMPiste, tu t’inscris sur Twitpop. Puis, tu copies les messages pondus par tes copains et tu te les attributs sur ton compte twitter perso. Tout en sachant que tu laisses libre accès à ton compte aux mamamouchis jeunes Umpistes.
Et quand Le Canard écrit “laisser libre accès”, Le Canard n’exagère pas, comme en témoigne la page d’autorisation de l’application à se connecter à votre compte twitter : Twitpop s’arroge quasiment les pleins pouvoirs, notamment ceux de décider à votre place de suivre des comptes ou de modifier votre profil.

Chacun peut proposer des tweets, mais en pratique, ça n’a pas l’air de se bousculer au portillon, comme le montre cette copie d’écran de la page d’accueil de Twitpop.
C’est que c’est fatigant, d’écrire une phrase de 140 caractères, hein. Sans compter qu’il faut trouver une idée de truc à dire, alors t’imagines.
Au pays des moutons, on préfère laisser une personne penser pour 300 - ce qui est certes moins dangereux que de laisser certains jeunes pop tweeter leurs pensées profondes (tel celui-ci, dénonçant la loi SRU obligeant les communes à construire du logement social, qui avait du mal à imaginer "15 Maliens dans un studio à Neuilly", ou celui-là qui constatait que "comme par hasard, les seuls à ne pas chanter la Marseillaise [dans l’équipe de France de hand]" étaient "les Blacks").
Ce qui est pratique avec Twitpop, c'est qu'on peut encore savoir si un Jeune Pop a réfléchi tout seul avec sa tête ou si la machine a pris le contrôle : c'est marqué sur le tweet.

L’arme fatale de Benjamin, c’est donc ça : des tweets répétés à l’infini par une armée de Jeunes Populaires signant des deux mains pour une lobotomie numérique.
Sur le papier, on peut penser que cela va en effet permettre une large diffusion de la sainte parole sarkozyste. En pratique, ça se heurte à un léger problème de consanguinité : les Jeunes Pop ont oublié que pour être lus, il fallait être suivis, et que pour convaincre, il fallait être suivis par des personnes extérieures à l’UMP (mais ça, ça fait un peu trop peur).
Or, si l’on examine la liste de followers du jeune pop moyen, on comprend vite que ces tweets prémâchés tournent en vase clos, de jeune pop à jeune pop à vieux pop à jeune pop. Twitpop, c'est finalement un peu comme si les Jeunes Pop se distribuaient des tracts entre eux.

Et encore, Le Canard ne vous parle pas, par charité humaniste, des nombreux adeptes qui protègent leurs tweets pour que les méchants gauchistes ne puissent pas venir les embêter.
Alors, leaders sur Twitter, les Jeunes Pop ?
#FAIL, comme on dit chez nous.