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Le Kiosque aux Canards
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La république irréprochable UMPiste prend l’eau, rattrapé par l’affaire Bettencourt

La république irréprochable UMPiste prend l’eau, rattrapé par l’affaire Bettencourt

 

 

 

 

 

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Il aura fallu attendre ce quinquennat pour voir un procureur de la république mis en examen par la juge d’instruction en charge du dossier sur la violation des sources de trois journalistes du Monde dans l’affaire Bettencourt.

 

 

« Du jamais vu »… La phrase était sur toutes les lèvres, hier, notamment dans les rangs de la magistrature. La convocation du procureur Philippe Courroye en vue d'une mise en examen par la juge chargée de l'enquête des « fadettes » du Monde, a fait l'effet d'une bombe.

 

Philippe Courroye a lui dénoncé une « mise en cause calomnieuse » et menacé de répliquer par une action en justice. Mais il semble que la juge d'instruction, Sylvia Zimmermann, soit « très, très déterminée ». Elle veut savoir si le magistrat, irrité par l'annonce, dans le journal « Le Monde », d'une perquisition, a illégalement tenté de découvrir qui informait en 2010, Raphaëlle Bacqué et Jacques Follorou, deux journalistes du quotidien travaillant sur l'affaire Bettencourt. Des extraits de l'audition d'un enquêteur de l'Inspection générale des services publiée dans « Le Monde » attestent d'ailleurs que la surveillance téléphonique des journalistes avait été menée par son service en 2010 à l'instigation du cabinet de Philippe Courroye.

 

L'IGS, dont les locaux ont été perquisitionnés mardi, a « rendu compte à sept reprises au parquet de Nanterre entre le 9 septembre et le 6 octobre 2010 » et « à chaque fois, les magistrats nous demandaient de pousser nos investigations », détaille le policier.

 

La magistrate parisienne travaille aussi sur un autre volet, visant cette fois la police. Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, les patrons de la police nationale et du renseignement intérieur, seront entendus courant octobre en qualité de témoins assistés. Début septembre, Frédéric Péchenard a assumé avoir ordonné l'enquête visant à identifier la source des fuites dans l'enquête Bettencourt.

 

Selon Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats, l'origine de cette affaire inédite vient du « statut du parquet en France qui n'a pas été réglé. D'autres explications peuvent aussi être trouvées dans la situation de M. Courroye à Nanterre » qui, elle non plus « n'a pas été réglée ». 

 

Dans l'affaire Bettencourt initialement traitée à Nanterre, avant d'être transférée à Bordeaux, M. Courroye a « utilisé un certain nombre d'éléments pour entraver ou faire quelques pressions sur le seul juge indépendant qui instruisait le dossier » rappelle M. Régnard. Isabelle Prévost-Desprez est ainsi convoquée vendredi dans le cadre d'une procédure disciplinaire « ouverte contre elle de façon ahurissante » ajoute-t-il.