Faut dire, déjà, que si le gouvernement UMPiste n’a trouvé que Nadine Morano à lancer dans la défense de son bilan face aux déclarations des candidats à la primaire socialiste, c’est qu’ils doivent avoir le moral exceptionnellement bas. Plus question pour eux de nous balancer l’argumentaire habituel sur le manque de programme, vu que celui-ci foisonne désormais des idées de chaque candidat, en plus du socle commun socialiste et radical.
Ensuite, il est fort intéressant de constater que les sorties de la mère Morano sont tellement précises, tellement argumenté, que ça vaut vraiment le coup de les reprendre ; "La France serait déclassée dans la semaine qui suivrait la prise de fonction d'un chef d'Etat socialiste, ce serait dramatique" et de renchérir "Avec les propositions du Parti socialiste, la France d'aujourd'hui deviendrait la Grèce de maintenant". Selon elle, le débat a montré "un Parti socialiste qui refuse le progrès", "résolument tourné vers le passé" et partisan d'"un Etat ultra-dépensier".
Elle, qui fait parti du gouvernement qui restera dans les mémoires pour ses catastrophes à répétition, pour ses chantiers lancés et jamais terminés, pour avoir opposé les français les uns contre les autres ; bref, Nadine Morano est en effet bien placé pour nous donner des leçons et surtout pour les argumenter aussi précisément que "On assiste à un Parti socialiste tellement ringard que cela me fait penser même à l'économie dirigiste de l'Union soviétique d'il y a très longtemps".
Ah ben oui ; la gôche est ringarde pour ce gouvernement de bras cassés. Et puis, elle est tellement au fait d’une réalité à laquelle, pourtant, elle participe, elle qui déclare que la République irréprochable de Nicolas Sarkozy « fonctionne parfaitement ». Et puis, quoi de plus naturelle de survoler un sujet pour celle qui assenait "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est Français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers"
Et bien, Le Canard, ce qu’il souhaiterait d’un ministre, quand il est en en exercice, c’est qu’il ne sorte pas des débilités profondes quand il analyse ses adversaires, c’est qu’il argumente au lieu d’aboyer, c’est qu’il est un minimum de retenu en lien avec son rang et c’est qu’il puisse aller au fond des choses, afin de nous expliquer pourquoi, selon lui, les propositions avancées ne sont pas adaptables. “Résolument tourné vers le passé” ne veut rien dire ; les proposition des UMPistes et de leur NanoPrésident sont “Résolument tournées vers le futur” et nous ont mises dans une panade sans nom. Tiens, occupez-vous plutôt de votre démonstration ratée à Marseille, où votre NanoPrésédent voulait faire un “anti La Rochelle” et où vos UMPistes se sont affrontés sur les critiques sur le projet de programme présidentiel qui se sont ajouté aux divergences sur les mesures fiscales.
Nadine Morano aurait mieux fait d’aller faire ses courses aujourd’hui, afin de faire virer, peut être, une nouvelle vendeuse, plutôt que de l’ouvrir, une fois encore, à mauvaise escient. Mais ne se souvient elle plus, sans doute, d’une de ses sorties contre Martine Aubry, à l’époque des rumeurs à la con, lorsqu’elle l’accusait d’avoir ; "une stratégie de victimisation pour dissimuler la pauvreté du programme socialiste et les ratés de son entrée en campagne". Madame Morano ; le PS a prouvé aux françaises et aux français que son programme était bien là, que ça cogitait sec, que ses propositions, même si elles vous trouent le c.., foisonnent. Que cela ne vous plaise pas, on en est bien conscient, vu qu’elles risquent de réussir là où vous et votre troupeau avez lamentablement échoués depuis plus de dix ans.
Alors, vos leçons, vous savez quoi ? Faîtes donc ce que l’avocat des victimes du drame de Karachi vous a conseillé de faire.