« Si cela vous choque que des étrangers deviennent de “bons petits Français”, moi je trouve que c'est une excellente nouvelle. Etre des “bons Français”, ça ne veut pas dire renier son histoire, ses origines ou sa culture française. Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux. »
Ben voilà... A la re-lecture de cette sortie de l'ex-ministrère de m’sieur Besson, Le Canard en est désormais certain ; il n’est pas un “bon Français”. Le Canard, comme beaucoup, a bossé une partie de sa carrière à l’étranger. Bien plus qu’en France et, entre nous, il continue d’ailleurs. Et bien, au grand jamais il n’a souhaité devenir un “bon Jordanien”, un “bon Tchèque”, un “bon Algérien”. Non qu’il pensait que sa culture, son origine, son pays valaient mieux que son pays d’accueil, mais il pensait qu’il pouvait garder sa spécificité où qu’il se trouve, sans pour cela être hors la loi dans le pays où il séjournait. Le Canard d’ailleurs a bien pensé de nombreuses fois a s’installer dans l’un des pays où il bossait, il s’est renseigné pour l’un d’entre eux. Jamais on ne lui a demandé de devenir un “bon Egyptien” pour ça. Il lui suffisait d’être un “bon être humain respecteux de toutes et de tous”. Et tout le monde se foutait de sa nationalité d’origine.
A priori, et selon nos Majoritaires Expérimentaux Nationaux ; il se plantait.
Le canard n’est donc pas un “bon Français”. Il est sans doute pas non plus un “bon citoyen” d’une europe où la droite extrême se paluche de ses résultats électoraux, elle qui, en France, a plombé les villes qu’elle a gérée. Il n’est pas un “bon citoyen” d’un pays où il est désormais louable de dénoncer ses Roms, ses arabes, ses noirs, ses gôchistes, ses associatifs. D’un pays qui trouve logique de créer une communauté à part, celle des “mauvais Français” qui risquent de se voir retirer la nationalité alors que des nationaux d’origines, pour le même crime, n’aurait pas la même sanction.
A quand des restaurants ou les genres seraient séparé ? Des bus et des métros peut être ? On pourrait, tiens, demander de l’aide aux anciens dirigeants Sud Africain, qui doivent se tourner les pouces depuis la fin de la ségrégation et qui ne demanderaient qu’à venir nous donner un coup de main. Ah... Comme c’est simple, comme c’est tranquille, peinard, jouissif même : ces affreux étrangers enfin matés. Enfin, nous pourrons vivre entre nous, les “bons Français”, les blancs - et quelques noirs, quand même, pour faire bien - Qu’il est détestable d’être le pays des droits de l’homme et du citoyen, de recevoir des étrangers qui - le monde est tellement merveilleux - viennent en France car, our une partie au moins, culturellement des dizaines d’années de colonisation nous ont permis de leur piquer leurs ressources tout en vivant chez eux et en leur imposant notre point de vue si génial.
Mais, bon sang de Gnou ; de quoi se plaignent-ils ? On leur a construit des routes et des hopitaux ! Ils sont gonflés, non ? Et maintenant, y viennent nous faire chier chez nous !
Pauvre France, pauvre humanisme, pauvre droits de l’homme ; t’inquiéte, peuple de droite de mes deux ; tu l’auras ton écran plat de 120 cm, même si pour cela, t’as viré un Roms ou un arabe. Et oui, Jolies Lectrices et Fiers Lecteurs ; dans la France des beaufs, si y’a pas de pognon, c’est de la faute des autres et, plus ils sont gris, les autres ; plus c’est de leur faute.
Bon, maintenant, il y a quand même un autre problème. S’il y a des “bons Français”, c’est qu’il y en a des mauvais. Mais là, aussi, Le Canard ne se considère pas comme un “mauvais Français” : il a contribué à la richesse de son pays, il s’est battu pour lui, il vote, il milite, il écrit ; bref ; il fait parti de son pays et, qu’on soit d’accord ou pas avec ses positions ; il participe à la vie de la nation.
Donc ; Le Canard n’est pas non plus un “mauvais Français”.
Alors... Il est quoi ? Un Français tout court. Avec sa dose de sang “étranger”, sa culture qu’il a forgé dans d’autres pays, ses goûts, ses envies, ses passions? Il est Français. Il n’en tire aucun orgueil, ne serait ce que car il ne l’a pas choisis. C’est venu tout seul. Il est né Français, comme il aurait pu naitre ailleurs. ou pas du tout. Par contre, il est fier de certains de ses “anciens” qui, d’ailleurs, n’étaient pas non plus Français au départ. Et pourtant... Ces grands aniens “bons étrangers” ont apporté à notre pays bien plus que nos gros beaufs donneurs de leçons qui, somme toute, ne leur cote pas grand chose.
Allez Maurice, remets nous un pastis et on y retourne...