Selon Fillon : le plan de rigueur destiné à résorber le déficit répond à une exigence de justice sociale. Ainsi seront taxés les sodas, sans doute pour les friqués qui mettent du coca dans leur Bourbon ; le tabac, afin que les riches qui roulent leurs cloppes contribuent à la “crise” ; et l’alcool, au cas où les buveurs aient le bon goût de ne pas rajouter de soda avec le Bourbon, mais soient quand même taxés.
Sauf que... Et bien sauf que, ces mesures sont du pipi de gnou comparé à la mesure dont personne ne parle et qui fut bien planquée par les rois UMPistes de l'entourloupette ; la hausse masquée de la CSG. Comment marche le bidule ? Ben c’est simple = tu maintiens le taux officiel de la CG à 7,5 % mais sur 98 % du salaire brut au lieu des 97 % aujourd’hui appliqué. Parce que, depuis le début, la CSG n’est pas un pourcentage sur les 100% de salaire brut.
Résultat du bidule planqué ? Une rentrée supplémentaire de 550 millions d’euros par les UMPistes gouvernementaux. Pour preuve, La fiche "réduction abattement CSG 3%" explique que "dans certains cas, l'assiette de la CSG et de la CRDS est minorée de 3% pour tenir compte des frais professionnels à la charge des salariés. C'est notamment le cas des revenus d'activité. Les deux contributions portent ainsi sur 97% du revenu brut". Traduction : la CSG prélevée sur les salaires est calculée sur 97% du revenu brut.
Matignon donne également les raisons pour lesquelles la CSG n'est pas prélevée sur 100% du salaire : "Cet abattement a été institué pour assurer l'égalité devant les charges publiques entre salariés et non salariés, compte tenu du fait que les indépendants ont, par rapport aux salariés, des possibilités accrues de déduire certains frais des contributions acquittées". Cette faveur accordée aux salariés compensait donc d’autres avantages accordés aux non salariés. Au passage, le dossier de presse nous apprend que depuis le 1er janvier 2011, cet abattement est plafonné : au-delà de 141 408 euros de revenu annuel, la CSG est calculée sur 100% du revenu. Pour les autres salariés, l’abattement était inchangé.
Ainsi, ce fameux plan de rigueur touche encore les mêmes. Sauf qu’il est enrobé dans des arguties novatrices qui, Le Canard l’espère, ne tromperont que celles et ceux qui veulent l’être.