Le problème de l’extrême droite est connu depuis des dizaines d’années ; elle avance des solutions pour contrer des problèmes fantômes, ou analysés par des spécialistes auto proclamés et totalement inconnus. C’est le cas pour les violences scolaires. Le Canard s’est sali l'aile droite en allant jeter un oeil sur le site web du Fhaine et y trouve - C’est ICI - un communiqué de presse de la blonde héritière qui vocifère - c’est d’ailleurs marrant comme ses nègres arrivent à la faire vociférer par écrit aussi - “L’escalade de la violence en milieu scolaire qui tétanise aujourd’hui le corps professoral n’est que la conséquence prévisible du laisser-faire, de la culture de l’excuse et du refus de l’autorité, dictés par l’idéologie gauchiste régnant en maître dans l’Education nationale depuis 30 ans.”
Bien évidemment, on y trouve aucune source, aucune statistique, aucun chiffre ; ben non, puisqu’il n’existe aucune de ces données qui pourraient valider ce communiqué de presse puisqu’au contraire, toutes les études montrent soit le contraire, soit une augmentation générale et pas seulement ciblée sur les mineurs. Pour quoi ? Tout simplement car l’augmentation des mises en cause pour "atteinte à l’intégrité physique" a augmenté de 50 %, toutes classes d’âge confondues. Mais il est vrai que les que le phénomène a connu chez les adolescents une évolution spécifique : l’augmentation a été plus rapide chez les mineurs, mais depuis 2000, un ralentissement est constaté.
Mais peut-on dire pour autant que la violence augmente dans des proportions inquiétantes chez les jeunes, et que le nombre de délinquants explose ? Il faut prendre en compte le nombre de déclarations qui est plus important. Ainsi, pour prendre l’exemple du racket, le thème est aujourd’hui très largement abordé dans les écoles, il n’est plus tabou. Les établissements scolaires se sont associés aux forces de l’ordre pour endiguer ce problème, et les interventions dans les collèges et lycées se multiplient. Les victimes ont moins peur de parler, les coupables sont plus facilement repérés… On a donc plus de cas enregistrés par la justice, mais pas forcément plus de "racketteurs" ! Phénomène identique pour les violences sexuelles, les victimes ayant moins peur de parler.
Ce ne sont donc pas les faits qui augmentent, mais plutôt la connaissance de ceux-ci.
Ces derniers jours, nous avons eu droit à une invasion de commentaires concernant le mal être scolaire, issus de la violence à l’école. Tout cela tiré du rapport de l'Observatoire international de la violence à l'école pour le compte de l'Unicef. Le Canard vous propose de télécharger le rapport, de le lire et de vous rendre compte qu’en fait, il n’en est rien...
L'enquête est sérieuse et s'appuie sur une méthodologie solide :
- plus de 12 000 élèves de CE2, CM1 et CM2,
- scolarisés dans 157 établissements différents
interrogés sur leur sentiment de sécurité, de fin 2009 à fin 2010.
Si un enfant sur dix se considère comme harcelé – les commentateurs ne sont généralement pas allés plus loin –, on aurait tout aussi bien pu s'intéresser aux neuf enfants sur dix qui reconnaissent se sentir bien à l'école, ce qui conduit à un renversement dans la perception des choses.
On y trouve aussi des conclusions qui tranchent fortement avec le ressenti que nous ont livré les politiques ces derniers jours ;
« l'impression de bien-être personnel ressenti dans leur école est clairement affirmé par la majorité des enfants (52% s'y sentent tout à fait bien, 37% plutôt bien) », comme l'affirme le rapport dans sa conclusion.
Ce rapport donne des enseignants une image plutôt flatteuse en évoquant « un véritable plébiscite en faveur des enseignants : près de 89% des élèves estiment ces relations très bonnes (55,2%) ou bonnes (33,5%) ».
Si un quart des élèves disent ne pas aimer aller en classe, « la qualité de l'enseignement est perçue comme bonne ou très bonne par 95% des élèves ».
Puis, bien loin des grognements UMPistes et de ceux de l’extrême droite, on peut y lire que ;
« Il est en tout cas périlleux de parler d'un effondrement de l'école élémentaire quand sont affirmés aussi fortement le bien-être de près de neuf élèves sur dix et la qualité de leurs relations aux enseignants.
Il nous semble difficile […] de penser à une inéluctable crise de la forme scolaire de socialisation […] ou à une disparition de l'école comme institution. L'école élémentaire institue encore largement. »
Critiquant lourdement, sans la mentionner directement, la politique conduite ces dernières années, les auteurs en profitent pour faire un sort aux solutions purement répressives privilégiées pour leur écho médiatique :
« Le problème de la victimation répétée est aussi un problème qui ne peut se traiter par la clôture des établissements ou un traitement externalisé de cette forme de violence (par exemple par la police, quel que soit par ailleurs l'utilité d'un partenariat avec cette institution ). »
Ainsi, il est bien plus efficient de trouver dans une école du personnel en plus grand nombre, que des policiers... Mais, bon ; pas besoin d’un rapport pour comprendre cela, il n’y a que nos UMPistes qui ne l’avaient pas pigé. A moins que cela fasse parti du plan de chasse de l’électorat d’extrême droite, toujours prompte à croire tout ce que la Marine leur raconte.
Ainsi, non seulement personne n’a “pourri purement et simplement l’école en en faisant une jungle où règnent l’anarchie et la violence.” comme le raconte miss Le Pen, mais 52% des élèves s'y sentent tout à fait bien, et 37% plutôt bien... Excusez du peu... Mais il est bien plus compliqué d’admettre, pour nos UMPistes, que le seul problème de l’école, ce sont les dizaines de milliers d’enseignants virés ou non remplacés par ce gouvernement.
Cela n’empêchera sans doute pas nos beaufs de hurler avec des loups imaginaires, mais, au moins, on ne pourra pas dire que nous ne savions pas qu’ils mentaient...