T’ain... Même les ex s’y mettent. C’est pour dire que, lorsque Le Canard écrivait, hier, “cacophonie” en pensant “UMPistes”, ben il était loin du compte... Quand toute la classe politique s’affole qu’un parti, qui n’arrivera jamais aux responsabilités, fasse 15% de 45% des suffrages dans des élections locales, donc reste nationalement à son score traditionnel - y’aura toujours des couillons pour penser que l’enfer, c’est les autres, et pas soi-même - on ne s’étonne plus que les problèmes liés à l’emploi, au pouvoir d’achat, au logement, à l’énergie apparaissent comme secondaires. Où plutôt quelle aubaine de les faire passer pour secondaire, quand on est membre de ce parti qui préside la France depuis quinze ans et dont les résultats se mesurent aujourd’hui.
T’ain... Localement, ça bouge aussi. Voilà t’y pas qu’on envoie même des coups fils, quitte a contacter ceux - celui - dont on ne se préoccupe plus depuis des mois, pour les inciter à voter. Comment disait le Baron de Siorac ? “Toutes honte bue...”. Tu m’étonnes...
Bref, ça bouge de partout. Même dans les combles de notre ex président qui, s’il ne se positionne plus sur la politique intérieure du pays, fait passer des messages. L'UMP tourne le dos à un des fondements du gaullisme en refusant d'appeler clairement à voter contre le Front national au second tour des cantonales, estime le gendre de Jacques Chirac dans Le Figaro de ce mercredi.
Le parti «a ouvert une brèche dans la digue élevée par le général de Gaulle entre la droite et l'extrême droite. Une digue qui avait tenu plus d'un demi-siècle», écrit dans une tribune Frédéric Salat-Baroux, dernier secrétaire général de l'Elysée de Jacques Chirac de 2005 à 2007.
«Parce que tout nous sépare, le principal adversaire de l'extrême droite a toujours été le gaullisme. De Gaulle hier, Chirac dans les années 1990», ajoute celui qui a épousé le mois dernier la fille cadette de Jacques Chirac, Claude.
«C'est pour cela que l'appel au vote PS, en l'absence de candidat UMP, s'impose au regard de nos valeurs autant que de notre histoire», ajoute-t-il
Et puis, en fait, c’est quand même la moindre des choses. Ad minima renvoyer l'ascenseur, ad maxima être en phase avec les valeurs qui ont construit le parti Gaulliste ; on ne transige pas avec l’extrême droite. Séguin aurait sans doute ajouté “et encore moins avec les cons”... Mais bon, il n’est plus là pour le dire et c’est bien dommage. D’ailleurs, Mitterrand non plus, lui qui avait, en deux ans, plongé le FN dans dix sept ans de malheur. N’est pas Mitterrand qui veux ; Sarkozy et son troupeau viennent de s’en rendre compte, avec pertes et fracas.
A défaut de Machiavel, on se coltine Guignol ; beaucoup plus drôle mais certainement moins efficace. Et puis largement moins chic. Et moins cultivé. Comment s’étonner de la dégringolade de la culture alors que l’exemple vient de si haut ? Au moins, avec Mitterrand, on avait un mec qui, dans sa vie d’adulte, lorsqu'il était encore plein de punch, était capable de vous foutre une raclée au tennis, tout en vous expliquant la révolution de 1848 et en vous citant trois ou quatre anecdotes. Aujourd’hui, le nôtre, il vous explique comment choisir sa Rolex, tout en écoutant un murmure musical de Carla et en vous causant de son dernier voyage Bolloréen.
Alors ? Une fois qu’on a dit ça ? Et ben une fois qu’on a dit ça, on ne s’étonne plus que le FN fasse presque autant que l’UMP. D’autant que l’image de bordel que donne aujourd’hui la gestion du pays est en phase avec ça. Rien de plus éloigné que les prises de position de Fillon et de Guéant. En plus, on assiste au combat des boss, à coup de petites phrases choisies, Fillon et Sarkozy se foutent sur la tronche au sujet du positionnement concernant le FN. Et, dans le même temps, nous apprenons qu’en fait de leadership Français sur l’intervention en Libye, nous sommes une fois encore les vassaux des USA, tant sur l’idée que sur la direction des opérations.
Encore plus fort. Certains membre du Conseil national de transition, reconnu en premier par la France, furent impliqués dans la détention et la torture des infirmières Bulgares libérées par notre NanoPrésident. Et ça, les dirigeants Européens l’ont mauvaise. Comme quoi, l’Allemagne a peut être eu le nez fin de ne pas se précipiter...
Bon... On va essayer de se la jouer optimiste... Le second tour des cantonales arrive, et on va leur foutre une branlée...